L’APEC s’engage sur des “cibles d'aspiration” en faveur du climat [FR]
Les dirigeants de la Coopération économique Asie-Pacifique ont émis une déclaration non contraignante sur le changement climatique ce week-end, suite à un sommet régional de cinq jours révélant des divergences entre la Chine et les Etats-Unis et l'Australie sur la structure d'un accord international post-Kyoto portant sur le réchauffement de la planète.
Les dirigeants de la Coopération économique Asie-Pacifique ont émis une déclaration non contraignante sur le changement climatique ce week-end, suite à un sommet régional de cinq jours révélant des divergences entre la Chine et les Etats-Unis et l’Australie sur la structure d’un accord international post-Kyoto portant sur le réchauffement de la planète.
La Déclaration de Sydney, signée le 9 septembre par les 21 pays membres de la Coopération économique Asie-Pacifique (APEC), contient une cible « d’aspiration » pour l’ensemble de la région couverte par l’APEC, visant à réduire l’intensité énergétique des économies du « Pacific-rim » de 25% d’ici 2030.
La Déclaration appelle également à accroître la superficie des forêts de la région de 20 millions d’hectares, à progresser sur le développement et l’utilisation de technologies de stockage « propres » du carbone et du charbon et à promouvoir le commerce des biens et des services environnementaux.
Les membres de l’APEC, dont la Chine, les Etats-Unis, le Japon, l’Australie et la Russie, représentent 41% de la population mondiale et 60% de l’utilisation énergétique du monde, la Chine étant numéro un dans les deux cas.
Pour Jim Connaughton, Président du Conseil américain sur la qualité de l’environnement, la déclaration est une base solide pour des discussions futures.
Mais les critiques considèrent que la Déclaration, par sa nature non contraignante, est vouée à l’échec étant donné le peu de pression pesant sur les gouvernements concernant le suivi de la réalisation des objectifs. Pour Greenpeace, la Déclaration n’est rien que «des affaires et encore des affaires » et le Sénateur vert Australien Bob Brown l’a qualifiée de « vide ».
Les différences d’opinion entre les membres de l’APEC sont également devenues claires pendant le sommet.
La Chine, qui, à plusieurs reprises, à fait pression pour introduire une référence aux Nations unies comme étant le forum multilatéral approprié pour les négociations internationales sur le changement climatique (EURACTIV 07/09/07), reste opposée à tout type d’objectif contraignant en matière d’efficacité énergétique, coupant court aux espoirs du Premier ministre Australien John Howard qui souhaiterait que la Déclaration de Sydney soit la base d’un accord international sur le changement climatique conclu hors du cadre des Nations unies.
Howard a néanmoins salué l’accord, le considérant comme « très important » et, dans une concession accordée à la Chine, a ajouté que la déclaration ne fait aucune mention particulière au Protocole de Kyoto.
Le Président des Etats-Unis George W. Bush, organisera une rencontre des plus grandes économies du monde à Washington DC les 27 et 28 septembre, avant la réunion de décembre rassemblant les parties de la convention-cadre des Nations unies sur la Changement climatique à Bali, en Indonésie. La réunion prévue par le Président des Etats-Unis est destinée à donner une impulsion à un accord sur le changement climatique pour la période post-2012. Cet accord donnerait la priorité au développement technologique, à l’efficacité énergétique et à la sécurité énergétique plutôt que d’insister sur des objectifs d’émission de CO2 contraignants.
L’UE, elle, est en faveur des objectifs d’émission de CO2 contraignants tel qu’ ils ont été acceptés dans le cadre du Protocole de Kyoto par la plupart des pays industrialisés, à l’exception des Etats-Unis et de l’Australie.