L’Australie devrait rejoindre le système européen d’échange de quotas d’émission

L’Australie a prévu d’abandonner son prix plancher pour les émissions de carbone et de s’associer directement au système européen d’échange de quotas d’émissions d’ici 2018. C’est ce qu’a annoncé aujourd’hui (28 août) le ministre du changement climatique, Greg Combet.

EURACTIV.com
Connie Hedegaard. Brussels, January 2012. [Shutterstock]
Connie Hedegaard. Brussels, January 2012. [Shutterstock]

L’Australie a prévu d’abandonner son prix plancher pour les émissions de carbone et de s’associer directement au système européen d’échange de quotas d’émissions d’ici 2018. C’est ce qu’a annoncé aujourd’hui (28 août) le ministre du changement climatique, Greg Combet.

L'Australie est l'un des pays les plus pollueurs au monde et est souvent considérée comme l’un des premiers responsables du changement climatique. En juillet dernier, elle a imposé une taxe de 19,08 euros par tonne de carbone à environ 300 des ses grandes entreprises polluantes qui sont responsables de près de 60 % de ses émissions.

Le prix plancher de 12,45 euros par tonne devait soutenir ce programme lors de la transition vers un système d'échange de quotas d'émission instable en juillet 2015.

L'ajustement du prix plancher est la première modification majeure au projet australien controversé visant à fixer un prix pour le carbone suite aux inquiétudes des entreprises confrontées à des coûts plus élevés qu'en Europe.

« L'association des systèmes australien et européen confirme que les marchés du carbone sont le premier outil de lutte contre le changement climatique et le moyen le plus efficace de réduire les émissions », a expliqué M. Combet dans un communiqué commun avec la commissaire européenne à l'action pour le climat, Connie Hedegaard.

Cette initiative signifie que les entreprises australiennes pourront avoir recours à des crédits de l'UE pour remplir leurs objectifs en Australie à partir de juillet 2015, alors que les entreprises européennes devront patienter jusqu'en 2018 pour utiliser les crédits australiens.

M. Combet a affirmé que les entreprises avaient clairement indiqué qu’elles voulaient plus de flexibilité sur les prix du carbone lorsque l'Australie serait passée à un système d'échange.

« Au final, je pense qu'il s'agit de la meilleure solution en termes de politique publique », a expliqué le ministre à la presse, avant d'ajouter que l'Australie poursuivait ses négociations avec la Nouvelle-Zélande en vue d'associer son programme d'échange de quotas avec celui de ce pays.

Au sein de l'Union européenne, les crédits carbones s'échangent actuellement à environ 8,16 euros par tonne, un chiffre qui contraste fortement avec les prix australiens.

L'Australie devrait également imposer une nouvelle limite à l'utilisation de quotas de Kyoto, a ajouté M. Combet. Les entreprises pourront encore remplir jusqu'à 50 % de leurs objectifs avec des quotas internationaux, mais elles ne seront autorisées à s'acquitter de leurs obligations via les quotas de Kyoto soutenus par les Nations unies qu'à hauteur de 10 %.

La tarification des émissions de carbone s'inscrit dans une politique clé pour la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre en Australie, un pays souvent considéré comme l'un des grands responsables du réchauffement climatique. Si le pays est bien l'un des premiers émetteurs de gaz à effet de serre par habitant, c'est à cause de sa dépendance aux centrales au charbon.