L’émancipation de la zone euro inquiète le reste de l’UE

Les Britanniques refusent de verser un centime pour mettre un terme à la crise de l’euro, mais veulent dans le même temps à tout prix éviter d’être marginalisés. Les pays de l’Est sont aussi méfiants.

EURACTIV.fr
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Les Britanniques refusent de verser un centime pour mettre un terme à la crise de l’euro, mais veulent dans le même temps à tout prix éviter d’être marginalisés. Les pays de l’Est sont aussi méfiants.

Les réunions entre dirigeants européens du 26 octobre ont avant tout pour but de trouver un moyen de juguler la crise de la dette qui ébranle la monnaie unique. Mais, en coulisses, Londres joue à un autre jeu. 

Danois sceptiques 

Les Britanniques voient d’un mauvais œil certaines des initiatives prises par les dix-sept membres de la zone euro. Ils craignent, sans le dire, un glissement du centre de gravité de la gouvernance de l’Union européenne vers les dix-sept et refusent de se retrouver dans une situation qui laisserait le champ libre à la France et à l’Allemagne et où ils n’auraient pas voix au chapitre. 

Pour tenter de faire contrepoids, le Royaume-Uni est entré en contact avec la Suède et le Danemark, deux autres pays qui n’utilisent pas la monnaie unique. 

Toutefois, selon une source diplomatique, le nouveau gouvernement danois n’a pas été convaincu par le discours de Londres. Nouvellement élu, de centre-gauche et pro-européen, il ne souhaiterait pas une division de l’Europe sur la base de l’appartenance ou non à l’euro, mais ne voudrait pas mettre de l’huile sur le feu dans la situation actuelle.

Futurs membres

Une autre fronde guette aussi l’UE. Celle des pays issus de l’élargissement de 2004 et qui doivent à terme, adopter l’euro. Les sept États se sont rencontrés avant le début des réunions. 

« Il faut éviter la logique de bloc contre bloc, confie un responsable hongrois. Nous souhaitons toujours rejoindre l’euro. Nous l’avons ratifié par référendum. Sauf que si les règles changent trop en cours de route, nous pourrions alors revoir notre position. Ce que nous souhaitons, c’est pouvoir être associé au processus de réforme. »

Selon d’autres sources diplomatiques, ces pays trouveraient également injuste l’utilisation des fonds structurels à des conditions avantageuses pour aider les États en difficulté, comme la Grèce ou l’Italie. 

Depuis le début de la crise, les risques d’explosion de la monnaie unique inquiètent. Aujourd’hui, certains États craignent l’émergence d’une Europe à deux vitesses dans laquelle les institutions communautaires à 27 seraient mises à l’écart pour parer aux nécessités du moment. 

Lobby polonais

En guise de symbole, la présidence polonaise de l’UE souhaitait pouvoir assister au dîner des dirigeants de la zone euro, mais sa demande a été rejetée. 

Lors de sa conférence de presse de fin de Conseil, le premier ministre Donald Tusk a ainsi longuement insisté sur le fait que « ce qui se fait dans la zone euro ne doit pas s’opposer à la convergence » des 27. Il faut « prendre en compte les aspirations des pays qui vont la rejoindre prochainement », a-t-il conclu.