L'enjeu des subventions divise fortement les compagnies aériennes

Les plus grandes compagnies aériennes vont unir leurs forces le 20 janvier pour faire face à l'augmentation des coûts au sol. Les divergences liées à la manière dont faire face aux concurrents étrangers font cependant obstacle à la création d'un bloc uni.

EURACTIV.com
Lufthansa fait partie des compagnies aériennes désireuses de réagir avec fermeté face aux aides déloyales dans les pays du Golfe.
Lufthansa fait partie des compagnies aériennes désireuses de réagir avec fermeté face aux aides déloyales dans les pays du Golfe. [<a href="https://www.flickr.com/photos/curimedia/13494111373/in/photolist-myqRbD-6F1nSR-6F1nUe-6F1nPX-6F1o4K-6F1o64-6F5wBu-6F1o7p-6F1nVD-6F5wM9-6F1o1x-6F5wKG-7yQhU8-auD2M8-chGc5b-chY2HY-chGcdG" target="_blank" rel="noopener">[Curimedia]</a>]

Les plus grandes compagnies aériennes vont unir leurs forces le 20 janvier pour faire face à l’augmentation des coûts au sol. Les divergences liées à la manière dont faire face aux concurrents étrangers font cependant obstacle à la création d’un bloc uni.

La concurrence dans le secteur de l’aviation s’est fortement accrue avec l’émergence de grandes compagnies en Asie et dans les pays du Golfe. Pendant ce temps, les transporteurs aériens européens font face à un marché encore fragmenté, des redevances aéroportuaires qui augmentent, et dans certains cas, des processus de modernisation inachevés.

Les groupes Lufthansa, Air France-KLM, Easyjet, Ryanair et International Airlines Group (société de participation de British Airways, Iberia, Aer Lingus et Vueling) vont créer une nouvelle association pour s’exprimer d’une seule voix sur des questions telles que les taxes d’aéroport, la gestion du trafic aérien ou la taxation des passagers. Les entreprises ont également une position commune sur des sujets tels que l’échange de quotas d’émission ou les droits des passagers.

Les « cinq grands » formeront donc un groupe plus sélect que l’actuelle Association des compagnies aériennes européennes, composée de 22 transporteurs aériens, pour faire pression sur ces questions.

>> Lire : Les compagnies aériennes réclament moins de taxes à l’UE

L’association n’abordera cependant pas le sujet le plus brulant : les pratiques déloyales utilisées par certains concurrents étrangers, notamment dans les pays du Golfe. « C’est le seul sujet pour lequel il n’y a pas de consensus », a expliqué un porte-parole de l’association, à EURACTIV.

Dans le cadre de nouveaux accords à négocier avec le Qatar, les Émirats arabes unis ou la Turquie, la Commission européenne compte remédier au problème des subventions accordées aux compagnies aériennes nationales. En effet, la Commission envisage de prendre de nouvelles mesures pour lutter contre « les pratiques déloyales appliquées par des pays tiers et des opérateurs de pays tiers », est-il précisé dans la stratégie de l’aviation présentée en décembre dernier.

>> Lire : La Commission contre-attaque sur les aides étrangères au secteur aérien

Réactions des compagnies aériennes du Golfe

Alors que la question des aides d’État a divisé les compagnies aériennes européennes et les États membres, la France et l’Allemagne adoptant la position la plus sévère, les compagnies aériennes du Golfe ont réagi de différentes manières à la stratégie de l’UE pour l’aviation.

Emirates, la compagnie de Dubai, s’est demandé si la Commission agissait de la sorte également avec les compagnies aériennes financées par d’autres nations comme l’Inde, le Pakistan, ou le Sri Lanka, opérant dans l’UE par exemple. Etihad, la compagnie nationale des Émirats arabes unis, a quant à elle évité tout ton critique pour saluer la stratégie de l’aviation.

« Etihad continuera à travailler de manière constructive avec les institutions européennes pour poursuivre la stratégie de la Commission pour améliorer la rentabilité et l’efficacité des infrastructures d’aviation et pour promouvoir le choix du consommateur, la connectivité, l’innovation, la sécurité juridique et l’investissement », a déclaré la compagnie.

La Commission espère obtenir le « feu vert » du Conseil durant ce semestre pour démarrer les négociations avec les monarchies pétrolières. Les représentants de l’UE préviennent toutefois que cette question est hautement controversée et qu’il n’y a qu’un Conseil sur le transport en juin, durant la présidence néerlandaise. Celle-ci s’efforce d’être « réaliste et pragmatique » et ne compte pas adopter des conclusions à ce sujet durant son semestre à la tête du Conseil de l’UE, a déclaré un porte-parole.

>> Lire : Violeta Bulc évoque les subventions au secteur aérien avec les pays du Golfe

Une première discussion sur la stratégie aura lieu durant le sommet sur l’aviation à l’aéroport de Schipol le 21 janvier. Les États membres et les eurodéputés, et d’autres représentants de l’UE, doivent discuter de l’avenir du secteur de l’aviation, et des piliers de la stratégie de l’UE dans ce domaine.