L'Envoyée palestinienne demande à Bruxelles de soutenir l'accord en faveur de l'unité
L'Envoyée palestinienne à Bruxelles, Leila Shahid, a demandé à l'UE de soutenir la nouvelle Autorité palestinienne « technocratique » convenue par le Fatah et le Hamas, qui la considèrent comme un pas vers l'unité et la réconciliation.
L'Envoyée palestinienne à Bruxelles, Leila Shahid, a demandé à l'UE de soutenir la nouvelle Autorité palestinienne « technocratique » convenue par le Fatah et le Hamas, qui la considèrent comme un pas vers l'unité et la réconciliation.
Dans un entretien exclusif accordé à EURACTIV, elle a déclaré que les dirigeants du Fatah et du Hamas signeraient l'accord la semaine prochaine, ce qui créerait une administration intérimaire qui respecterait tous les accords signés et continuerait sur la voie de la non-violence qu'a déjà empruntée l'actuelle AP.
Selon les termes de l'accord, les négociations officielles avec Israël seraient toujours conduites par l'Organisation de libération de la Palestine (OLP).
« L'UE devrait considérer cela comme un réel pas en avant et montrer son soutien », a affirmé Mme Shahid à EURACTIV, « car ce ne peut être que positif d'unifier la Palestine sous la direction de l'OLP ».
Selon elle, il n'y a « aucune raison » que le financement annuel de l'UE qui s'élève à 500 millions d'euros pour l'AP en soit affecté.
« Etant donnés les bouleversements majeurs dans le monde arabe, chacun devrait saluer la mise en place d'un gouvernement de coalition nationale qui aura plus de crédibilité et le légimité pour signer un accord de paix », a-t-elle ajouté.
Faisant référence aux projets de la Palestine quant à la reconnaissance par l'ONU d'un Etat palestinien en septembre, « il est difficile de croire que les Palestiniens pourront avancer vers la constitution d'un Etat s'ils n'ont pas d'unité nationale », a-t-elle expliqué.
Il n'y a pas eu de réaction immédiate de la part de l'UE.
« Nous examinons toujours la situation », a déclaré à EURACTIV Michael Mann, porte-parole de la responsable de la politique étrangère de l'UE, Catherine Ashton. « Catherine Ashton s'adressera à la population dans la région et à l'UE dans les prochains jours pour tenter de déterminer où nous en sommes ».
EURACTIV a cru comprendre que des représentants de l'UE avaient été en contact avec Leila Shahid hier (28 avril).
Dans une déclaration, Mme Ashton a ensuite déclaré : « L'UE a toujours appelé à la paix et à la réconciliation, sous l'autorité du président Abbas, mettant un terme à la division entre la Cisjordanie et Gaza et apportant plus de sécurité et de stabilité dans la région ».
L'annonce d'un accord entre les deux plus grandes factions politiques palestiniennes a surpris les personnalités politiques et la population dans le monde entier.
Le premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a affirmé que l'AP devait choisir entre la paix avec Israël et la paix avec le Hamas.
Les négociations entre l'Autorité palestinienne et Israël sont dans l'impasse depuis septembre 2010, date à laquelle Israël a repris la construction de colonies juives en Cisjordanie.
La réaction de Washington face à cet accord d'unité s’est révélée froide, voire glaciale.
« Les Etats-Unis soutiennent la réconciliation palestinienne dans le cadre de la promotion de la paix. Le Hamas reste cependant une organisation terroriste qui cible des civils », peut-on lire dans une déclaration de Tommy Vietor, porte-parole de la Maison Blanche.
Selon Leila Shahid, ni le Fatah, ni le Hamas, ne seront représentés parmi les « technocrates indépendants » qui forment le nouveau gouvernement intérimaire.
Toutefois, les détails de ses dispositions en matière de sécurité, ainsi que sa composition « devront attendre la mise en application de l'accord », a-t-elle admis.
« Cela n'arrivera que s'il est signé par le président Abbas pour le Fatah et Khalid Mashaal pour le Hamas la semaine prochaine », a-t-elle ajouté.
Certains laissent entendre que des fonctionnaires et des membres du Congrès américain vont à présent tenter de forcer l'administration Obama à reconsidérer son soutien financier à l'Autorité palestinienne.
Mme Shahid a néanmoins demandé à Bruxelles de ne pas faire de même.
« L'UE ne devrait pas à nouveau tomber dans le piège en tentant de boycotter ou de marginaliser certains partis politiques comme elle l'a fait en 2006, car cela ne nous a pas rapproché de la paix », a-t-elle expliqué. « Au contraire, cela a suscité davantage de violence et une guerre totale contre Gaza ».
Le Fatah et le Hamas ont tiré les leçons de leurs erreurs passées, selon elle. « J'espère que la communauté internationale en fera autant », a-t-elle déclaré.