L'Europe et la Chine doivent s'apprivoiser, selon un ancien ambassadeur européen

L'UE et la Chine pourraient se révéler complémentaires et parvenir à donner la bonne impulsion à la gouvernance économique mondiale, mais elles devront s'apprivoiser pour y arriver. C'est ce qu'a expliqué Paul Trân Van Thinh, ancien ambassadeur européen, lors d'un entretien accordé à EURACTIV, alors que la Chine s'apprêtait à discuter d'un programme de renflouement pour la zone euro au G20 à Cannes.

Jintao and Sarkozy EU China at G20small.jpg
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L'UE et la Chine pourraient se révéler complémentaires et parvenir à donner la bonne impulsion à la gouvernance économique mondiale, mais elles devront s'apprivoiser pour y arriver. C'est ce qu'a expliqué Paul Trân Van Thinh, ancien ambassadeur européen, lors d'un entretien accordé à EURACTIV, alors que la Chine s'apprêtait à discuter d'un programme de renflouement pour la zone euro au G20 à Cannes.

Citoyen français d'origine vietnamienne et ancien ambassadeur de l'UE auprès de l'Organisation mondiale du commerce, Paul Trân Van Thin connaît bien la Chine pour avoir négocié son adhésion à l'OMC. Il est également le cofondateur du forum UE-Chine.

Financièrement, la Chine pourrait sauver la zone euro avec ses 3000 milliards de dollars en réserves de change, dans la mesure où elle souhaite protéger son marché d'exportation, malgré la réticence de la population chinoise. Toutefois, l'ancien ambassadeur de l'UE a admis que la Chine ne lèverait pas le petit doigt tant que la crise grecque ne serait pas résolue.

Ceci dit, l'Europe doit faire confiance à la Chine si elle souhaite bâtir une alliance durable avec Beijing, a ajouté M. Trân Van Thinh.

Comme dans l'histoire du Petit Prince, un ami doit être apprivoisé avant de devenir un vrai ami, a-t-il expliqué.

« Connaissez-vous le Petit Prince de Saint-Exupéry ?  Qu’est-ce que signifie « apprivoiser » ? dit le Petit Prince. C’est une chose trop oubliée, dit le renard. Ça signifie créer les liens …  si tu m’apprivoises, nous aurons besoin l’un de l’autre… si tu veux un ami, apprivoise-moi … », a déclaré M. Trân Van Thin.

Selon lui, les Etats-Unis ne savent pas comment apprivoiser les autres pays. « Vous évoquez la Chine et vous oubliez que ceux qui égratignent la zone euro sont ceux qui opèrent à Wall Street et à la City, sans oublier les médias anglo-saxons », a-t-il ajouté.

« Le monde ne peut pas danser sans l'Europe »

« De toute façon, une chose est certaine, le monde ne peut pas danser sans l’Europe, mais l’Europe ne peut pas porter seule le poids des affaires du monde. Je vois bien les Etats-Unis d’Europe avec les Etats-Unis d’Amérique, mais surtout avec la Chine », a affirmé le diplomate.

Néanmoins, si l'Europe doit mettre de l'ordre dans ses affaires, la Chine le doit également, dans la mesure où elle « risque d’être une bombe à retardement, avec ses gigantesques disparités internes explosives de tous ordres ».

« Tandis que s'immolent des moines tibétains contre la répression, et alors qu'apparaissent de  nouvelles vagues de [contestations] mondialiséés, il n'est pas dit qu'une grande partie des Chinois ne se reconnaîtra pas dans les "indignés" à travers le monde », a déclaré M. Trân Van Thinh.

L'ancien ambassadeur a plaidé en faveur du processus de réconciliation de la Chine avec ses voisins, surtout avec le Japon.

Ainsi, la Chine pourrait se diriger vers une participation plus inclusive dans la gouvernance économique mondiale sans perdre la face.

« L’Europe a su être un laboratoire de réconciliation entre Français et Allemands, puis entre Polonais et Allemands », a expliqué M. Trân Van Thinh, soulignant que la Chine pourrait apprendre de l'Europe.

Paul Trân Van Thinh s'est confié à Daniela Vincenti et Christophe Leclercq.

Pour lire cet entretien dans son intégralité (en français), veuillez cliquer ici.