L’extrême gauche grecque espère la "déconstruction de l’axe franco-allemand"
Dans une interview accordée au journal l’Humanité, le chef de la coalition du parti Syriza Alexis Tsipras estime que la disparition de l’axe franco-allemand mettrait un terme aux mesures drastiques instaurées en Grèce.
Dans une interview accordée au journal l’Humanité, le chef de la coalition du parti Syriza Alexis Tsipras estime que la disparition de l’axe franco-allemand mettrait un terme aux mesures drastiques instaurées en Grèce.
Le retour aux urnes en Grèce n’est pas mauvais signe pour tout le monde. Alexis Tsipras, le leader de la coalition de gauche radicale Syriza arrivée deuxième aux élections du 6 mai pourrait arriver en tête du scutin et remporter les prochaines élections prévues le 17 juin.
Dénonciation des mémorandums
Dans une interview accordée au journal l’Humanité le 16 mai, M. Tsipras explique les revendications de son parti. Le résultat des élections est un « message » du peuple grec, selon lui. Le peuple a « dénoncé de façon absolue les mémorandums. (…) Il ne peut pas continuer de tolérer les mesures d’austérité », fait observer M.Tsipras.
Pour extraire son pays de cette situation, le leader de Syriza n’évoque pas de sortie de la zone euro, mais des « annulations immédiates du mémorandum », ainsi qu’un contrôle public du système bancaire.
« Cette crise n’est pas grecque mais européenne », estime l’homme politique. Pour la traiter, il faut redistribuer les richesses, soutenir les salaires, et les retraites ». Une vision qui diffère nettement de celle de la Troïka ou de Berlin, qui prônent une réduction des dépenses.
Disparition de l’axe franco-allemand
Néanmoins, la France pourrait devenir un allié. « Nous espérons que François Hollande ne va pas changer ses positions de campagne », a expliqué Alexis Tsipras, qui espère que « l’axe franco-allemand sera déconstruit dans les prochains jours ». Pour l’homme politique, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, sont les acteurs qui ont mis en œuvre la politique d’assainissement budgétaire que connaît l’Europe.
« Si nous continuons avec cette politique d‘austérité en Europe demain ce sera les Espagnols, les Français et les Portugais qui seront à notre place. », a prédit M. Tsipras.
Le patron de la gauche radicale avait sollicité une entrevue avec François Hollande au début du mois, mais sa demande n’avait pas abouti.