L'OMC devrait perdre sa bataille contre les accords bilatéraux au sein de l'ASEM [FR]

Les dirigeants européens et asiatiques réunis dans le cadre du dialogue Europe-Asie (ASEM) devraient appeler à la reprise des négociations à l'OMC. Cependant, l'accent sera mis avant tout sur la conclusion d'accords de commerce bilatéraux.

Les dirigeants européens et asiatiques réunis dans le cadre du dialogue Europe-Asie (ASEM) devraient appeler à la reprise des négociations à l’OMC. Cependant, l’accent sera mis avant tout sur la conclusion d’accords de commerce bilatéraux.

  • Multilatéralisme versus bilatéralisme :  

La Présidence finlandaise a annoncé que la réunion se concentrerait sur les réponses à apporter aux défis de la mondialisation. Le Premier ministre finlandais, Matti Vanhanen, a affirmé que la reprise des négociations multilatérales concernant la libéralisation des échanges figurerait parmi les priorités de l’agenda, à savoir la menace terroriste mondiale, la sécurité énergétique, le changement climatique et le renforcement du dialogue culturel.

Cependant, la suspension officielle du cycle de Doha de l’OMC en juillet 2006 semble constituer le point de départ d’une véritable course pour la conclusion d’accords commerciaux bilatéraux.

Dans ce contexte, il est hautement probable que les participants au sommet ASEM tenteront de faire des progrès sur cette voie plutôt que de tenter de trouver une solution afin de relancer les négociations à l’OMC.

Le commissaire chargé du commerce, Peter Mandelson, a récemment annoncé son intention de conclure des accords bilatéraux dans l’intérêt de l’économie européenne. Ses premiers objectifs seront l’ASEAN et la Corée du Sud.

Néanmoins, le commissaire ne sera pas au sommet ASEM car il se rendra à Rio pour rencontrer le président brésilien Lula et d’autres dirigeants des pays en voie de développement afin de discuter des modalités de la reprise du cycle de Doha. 

  • Apaisement des tensions avec la Chine:  

Un accord de libre-échange (ALE) avec la Chine n’est pas encore à l’ordre du jour et les dirigeants européens se serviront très certainement du sommet avec le géant asiatique pour tenter de résoudre une série de questions qui pèsent actuellement sur les relations bilatérales, dont le marché florissant des articles contrefaits, les limitations importantes d’accès au marché chinois, le respect des droits de l’homme et les relations tendues que Pékin entretient avec Taiwan.

La Chine connaît également quelques tensions avec l’UE comme la question de l’embargo sur les armes imposé depuis 17 ans par les Européens. Pékin assimile cet embargo à une forme de « discrimination politique » et presse l’UE d’y mettre un terme. A ce sujet, Li Ruily, directeur du département des Affaires européennes du ministère des affaires étrangères, a indiqué: « Nous espérons que l’UE honorera son engagement et prendra la décision de lever prochainement l’interdiction car cela favorisera la croissance des relations sino-européennes. »

M. Li a également demandé à l’UE de reconnaître l’économie chinoise comme une ‘économie de marché’, un changement qui empêcherait l’UE d’imposer des amendes pour dumping sur les exportations chinoises à bas prix, comme elle le fait actuellement pour les exportations de textiles et de chaussures.

  • Renforcer les relations économiques et commerciales avec la Corée :  

Au cours du sommet UE-Corée, les dirigeants signeront un accord de coopération sur la participation de la République de Corée à Galileo, le système européen de navigation par satellite.

La Corée devrait insister pour débuter les négociations en vue d’un accord de libre-échange avec l’UE. 

Un rapport publié par l’agence coréenne pour la promotion du commerce extérieur et des investissements (KOTRA) démontre que « l’impact d’un accord de libre-échange avec l’UE sera plus important que prévu […] et peut-être plus important encore qu’un accord avec les Etats-Unis ».

De son côté, l’UE a également indiqué qu’elle souhaitait à présent accélérer les choses car la Corée, 11ème économie du monde, a entamé des négociations avec les Etats-Unis. En effet, actuellement, l’UE est la destination favorite des investissements coréens à l’étranger. Un accord de libre-échange entre la Corée et les Etats-Unis pourrait changer la donne.