L'ONU réclame un sommet sur la question chypriote
Les Nations unies ont demandé hier (1er novembre) qu'un sommet soit organisé en janvier entre les dirigeants de l'île divisée de Chypre afin de mettre fin à un conflit qui dure depuis des dizaines d'années et qui entrave l'adhésion de la Turquie à l'UE. Chypre exercera par ailleurs la présidence tournante de l'UE au second semestre de 2012.
Les Nations unies ont demandé hier (1er novembre) qu'un sommet soit organisé en janvier entre les dirigeants de l'île divisée de Chypre afin de mettre fin à un conflit qui dure depuis des dizaines d'années et qui entrave l'adhésion de la Turquie à l'UE. Chypre exercera par ailleurs la présidence tournante de l'UE au second semestre de 2012.
Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, s'est dit optimiste quant à la résolution des différends de longue date qui opposent le président chypriote, Demetris Christofias, au leader chypriote turc, Dervi? Ero?lu.
Ban Ki-moon, qui s'est exprimé à New York, a indiqué que les dirigeants des deux communautés devraient parvenir si possible à un accord en janvier. Dans le cas où ce sommet aurait une issue favorable, une conférence de suivi aurait lieu avec la Turquie, la Grande-Bretagne et la Grèce, qui sont les puissances garantes de la souveraineté chypriote.
« Les discussions ont été positives, productives et énergiques », a déclaré M. Ban aux journalistes aux côtés des deux dirigeants dans les quartiers généraux des Nations unies.
« Je suis confiant quant à la conclusion d'un accord global prochainement. Les deux dirigeants m'ont assuré qu'ils pensaient pouvoir finaliser un accord », a-t-il affirmé, cité par Reuters.
L'ONU tente depuis des années de réunifier l'île de Chypre. Ce conflit a lourdement affecté les relations entre l'UE et la Turquie (voir « Contexte »).
Jusqu'à présent, seul un chapitre des négociations (sciences et recherche) a été provisoirement clôturé. Onze autres ont été ouverts, mais huit chapitres restent bloqués en raison de la non-application du protocole d'Ankara par la Turquie. Ce protocole stipule l'ouverture des ports situés dans la partie nord de Chypre aux navires en provenance de la République de Chypre.
La Turquie a récemment affirmé qu'elle gèlerait ses relations avec l'UE si Nicosie exerçait la présidence de l'Union en 2012.
L'édition en ligne de la Famagusta Gazette semble plutôt sceptique quant à cette proposition de sommet en janvier. Elle a expliqué que cette réunion serait alors la cinquième du genre depuis 2008. Les réunions précédentes avaient eu lieu à Genève.
« Il semble aujourd'hui peu probable que les deux parties résolvent leurs différends au cours des six prochains mois, avant que Chypre n'assume la présidence de l'UE », peut-on lire dans ce journal indépendant rédigé en anglais.
De nombreux obstacles demeurent
Selon certaines sources citées par Reuters, les deux parties ne se sont pas mises d'accord sur le mode d’élection d’un président chypriote dans le cadre d'une présidence tournante. Aucun « changement de position substantiel » n'a été observé s'agissant des droits de propriété des personnes déplacées et des ajustements territoriaux visant à faciliter une fédération, ont affirmé ces mêmes sources.
La presse turque a toutefois laissé entendre que les deux parties pourraient aboutir à un accord sur d'autres questions.
Le quotidien Milliyet a rapporté que MM. Ero?lu et Christofias avaient décidé que le nouvel Etat chypriote réunifié utiliserait l'euro, même si la livre turque, monnaie en vigueur dans la partie nord, continuerait d'être acceptée pendant une période transitoire d'un an.
La présidence de la banque centrale du nouvel Etat chypriote serait exercée à tour de rôle entre des Chypriotes turcs et grecs. En outre, la partie turque plus pauvre recevrait des fonds de l'Etat fédéral pendant 13 ans pour résoudre ses problèmes d'infrastructure.
Les parties turque et grecque seraient représentées de manière équitable à tous les niveaux du judiciaire, mais la partie grecque aurait la majorité à la chambre basse du parlement avec 75 % des sièges. La partie turque s'est toutefois vu garantir que tout projet de loi considéré comme contraire à ses intérêts ne serait pas adopté, a expliqué le Milliyet.
Par conséquent, chacune des deux parties pourrait opposer son veto à tout projet de loi spécifique dans le cas où la moitié de leurs législateurs s'y opposerait.