L’OTAN s’alarme du manque de coopération avec l’UE [FR]

L’incapacité de l’OTAN et de l’UE à partager des informations sur l’antiterrorisme, en raison d’un blocage politique interne entre Chypre et la Turquie, est alarmante et inacceptable, a déclaré hier (16 septembre) à Bruxelles et en public un responsable de premier plan de l’Alliance atlantique.

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L’incapacité de l’OTAN et de l’UE à partager des informations sur l’antiterrorisme, en raison d’un blocage politique interne entre Chypre et la Turquie, est alarmante et inacceptable, a déclaré hier (16 septembre) à Bruxelles et en public un responsable de premier plan de l’Alliance atlantique.

Ji?í Šedivý, assistant du secrétaire général de l’OTAN, a déclaré que la coopération OTAN-UE en matière de contre-terrorisme était dans un besoin criant d’amélioration à cause des risques qu’entraîne une non coopération ou une coopération limitée.

S’exprimant lors d’une conférence organisée par l’European Policy Center, un think tank bruxellois, M. Šedivý a mis en épingle certains domaines où le manque de coopération entre les deux organisations pourrait au final porter préjudice à des millions de personnes : la protection chimique, biologique, radiologique et nucléaire (CBRN). 

Un tort pour des millions de personnes ?

Le fait que ces deux organisations siégeant à Bruxelles, dans une seule grande ville, n’aient pas de vrais plans de coordination ou de préparation relative pour une évènement CBRN qui pourrait se produire dans cette ville, en sachant que nous n’avons ni de plans établis et encore moins d’exercices, est très alarmant et inacceptable, a affirmé l’officiel de l’OTAN.

Questionné par EURACTIV sur les raisons de cette incapacité à coopérer, M. Šedivý a expliqué que les problèmes ont commencé en 2004, lorsque Chypre ait rejoint l’UE.

La question clef, c’est celle de Chypre, a dit M. Šedivý. En 1998, a-t-il expliqué, la Turquie était membre de l’Union occidentale européenne (UOE) – maintenant défunte – et s’était vu promettre qu’elle serait associée à ce qui était considéré comme son successeur, l’Agence européenne de défense.

Mais la Turquie a ensuite été empêché d’entrer dans l’AED parce qu’elle n’est pas membre de l’UE, et elle estime aujourd’hui avoir été évincée sans autre forme de procès alors que d’autres pays n’appartenant pas à l’ancienne UOE, comme la Norvège, se sont vus accorder un statut d’association, a expliqué M. Šedivý.

En représailles à ce qu’elle considère comme un traitement injuste, la Turquie empêche désormais l’OTAN d’échanger des informations avec l’UE en se basant sur le fait que Chypre n’est pas membre du Partenariat pour la Paix (PpP) – un programme de l’OTAN considéré comme l’antichambre de l’adhésion à l’Alliance. Malte est devenue membre du PpP, mais pas Chypre, et au moment présent l’échange d’information est bloqué en raison de son statut, a expliqué M. Šedivý.

Dans l’ensemble, la coopération UE-OTAN en matière de contre-terrorisme est limitée à des échanges informels entre les équipes internationales, s’est lamenté l’officiel de l’OTAN.

Ce n’est certainement pas suffisant, a-t-il souligné.

Egalement présent à cette conférence, le chef du contre-terrorisme de l’UE Gilles de Kerchove a déclaré que ce qui bloquait la coopération EU-OTAN, c’était la Turquie.

Interrogé par EURACTIV, un fonctionnaire chypriote a également accusé la Turquie. La situation des relations UE-OTAN s’explique par le fait que la Turquie, tirant avantage du système de prise de décision à l’unanimité de l’OTAN, bloque toute décision qui concerne la participation de Chypre dans le contexte de la coopération UE-OTAN. C’est une situation inacceptable qui va à l’encontre de l’autonomie et de l’intégrité de l’UE elle-même, a déclaré ce fonctionnaire qui a demandé l’anonymat.

Chypre est une république présidentielle et son président Dimitris Christofias est le seul dirigeant communiste de l’UE.