L'UE critique les plans de réformes économiques des Etats membres

Hier (7 juin), la Commission européenne a vivement critiqué les plans nationaux de réformes économiques, affirmant qu'ils n'étaient pas suffisamment ambitieux et concrets.

barroso_double.jpg
barroso_double.jpg

Hier (7 juin), la Commission européenne a vivement critiqué les plans nationaux de réformes économiques, affirmant qu'ils n'étaient pas suffisamment ambitieux et concrets.

Hier, la Commission a formulé des recommandations spécifiques à chaque pays en fournissant aux Etats membres une évaluation de leurs plans de réformes nationaux.

« Nous savons que la réalisation des objectifs que nous nous sommes collectivement fixés peut exiger des choix difficiles.Mais ces efforts, s'ils sont déterminés et partagés par tous, permettront à l'Europe de sortir de la crise et de préserver sa prospérité future », a déclaré le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso.

Ces recommandations sont les premières du genre. Désormais, la Commission fera chaque année des recommandations aux 27 Etats membres et à la zone euro dans son ensemble concernant leur économie. L'exécutif de l'UE a insisté sur le fait qu'il était nécessaire d'en faire davantage pour s'assurer que les finances publiques des Etats membres sont tenables sur le long terme.

« Les programmes nationaux manquent souvent d'ambition », a déclaré la Commission. « Les plans varient sensiblement en fonction des domaines abordés. De nombreuses mesures proposées restent vagues et ne sont pas assez ciblées », a expliqué l'exécutif de l'UE.

Certains Etats n'en font pas assez pour limiter les dépenses publiques conformément aux règles de l'UE et ne disposent pas de projets clairs pour réduire le taux de chômage, selon l'évaluation des plans nationaux réalisée par la Commission.

Le chômage à long terme, ainsi que le chômage des jeunes et des femmes posent également de sérieux problèmes dans les pays qui n'ont pas été durement touchés par la crise, a mis en garde la Commission.

Il a en outre été demandé aux membres de la zone euro d'adapter leurs systèmes de retraites aux réalités démographiques, de limiter les augmentations de salaire en fonction de la productivité et de diminuer les charges salariales.

Recommandations pays par pays

La Commission a conseillé à l'Allemagne de régler les problèmes causés par les landesbanken subventionnées par les gouvernements nationaux, d'ouvrir son marché de l'emploi ainsi que son secteur de l'énergie.

La France devrait, quant à elle, alléger sa fiscalité du travail et prélever plus de taxes environnementales et d'impôts à la consommation. Elle doit également aider davantage les jeunes et les personnes peu qualifiées à trouver du travail.

Le gouvernement espagnol a été prié d'amener les gouvernements régionaux à respecter la discipline budgétaire, de lancer une réforme des retraites (notamment via le recul de l'âge de la retraite) et de s'occuper des problèmes de gouvernance dans les caisses d'épargne endettées du pays.

Le Royaume-Uni a été encouragé à réformer son marché du logement, son système de planification et son marché hypothécaire. Il devra également s'attaquer au problème du chômage chez les jeunes et du manque de qualifications.

Londres a également été priée de s'assurer qu'il n'y aurait « pas de dérapage par rapport aux objectifs ambitieux de réduction des dépenses ».

Il a été demandé à l'Italie d'introduire des limites contraignantes pour les dépenses et de mieux utiliser les fonds de cohésion de l'UE afin d'aplanir les différences entre les régions.

La Belgique devra opérer des réductions des dépenses plus ambitieuses en 2011, terminer de restructurer son secteur bancaire, réduire la fiscalité sur le travail et réformer le système des négociations salariales.

La Grèce, l'Irlande, le Portugal, la Roumanie et la Lettonie doivent, quant à eux, respecter les objectifs de leurs programmes de renflouement.

Les pays de l'UE devront également parvenir à un compromis sur la gouvernance économique ce mois-ci et achever la troisième série de tests de résistance du système bancaire dans l'UE.

Le commissaire européen pour les affaires économiques, Olli Rehn, a déclaré, au sujet de ces recommandations, que la crise avait des caractéristiques systémiques, mais qu'elle présentait également des différences selon les pays. Il est donc logique, selon lui, de la combattre en agissant tant sur le plan national qu'européen.

Daniela Vincenti-Mitchener

Article traduit de l'anglais par EURACTIV