L'UE donne son feu vert à la Turquie et à la Croatie [FR]

A l'issue de 24 heures de négociations particulièrement éprouvantes, l'UE a finalement décidé d'ouvrir des négociations d'adhésion avec la Turquie... et la Croatie.

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A l’issue de 24 heures de négociations particulièrement éprouvantes, l’UE a finalement décidé d’ouvrir des négociations d’adhésion avec la Turquie… et la Croatie.

Pour la ministre autrichienne des affaires étrangères, Ursula Plassnik, il s’agissait avant tout de « faire preuve d’écoute à l’égard des citoyens » ; un commentateur de la télévision autrichienne ORF estimait, plus prosaïquement, que Vienne avait choisi de jouer « un coup de poker » au niveau européen. Quelles qu’aient été les réelles motivations de la diplomatie autrichienne, Mme Plassnik a finalement dû laisser la voie libre à l’ouverture des négociations d’adhésion entre l’UE et la Turquie – non sans obtenir, à l’issue de 24 heures de négociations très serrées, une contrepartie des plus satisfaisantes pour son pays.  

L’Autriche, totalement isolée au sein des 25, n’a pas réussi à arracher l’ajout d’une référence à la solution du « partenariat privilégié » dans le texte du cadre des négociations UE-Turquie. Elle a en revanche obtenu – et il s’agissait là d’un objectif central de la diplomatie autrichienne – que l’Union donne son feu vert à l’ouverture de pourparlers d’adhésion avec la Croatie. 

Ce développement inattendu a été rendu possible après que la procureure du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie, Carla Del Ponte, eut estimé pour la première fois, lundi 3 octobre, que la Croatie coopérait de façon « satisfaisante » avec le tribunal en vue de la capture de l’ancien général Ante Gotovina, accusé de crimes de guerre par le TPI. 

Interrogé par le BBC World Service, Daniel Gros, directeur du CEPS (un think tank bruxellois) a estimé que l’accord conclu hier constituait un « classique » des tractations menées au niveau européen. Le ministre turc des affaires étrangères, Abdullah Gul, arrivé dans la nuit à Luxembourg pour signer le cadre de négociation, a quant à lui déclaré que l’UE et la Turquie avaient atteint « un point historique » ; selon M. Gul, « la Turquie est entrée dans une ère nouvelle. »