L’UE et la Chine veulent renforcer leur dialogue commercial

Un nouveau mécanisme économique et commercial de haut niveau a été lancé à Pékin le 25 avril. Son objectif principal est de diminuer le gonflement du déficit commercial européen avec la Chine.

Un nouveau mécanisme économique et commercial de haut niveau a été lancé à Pékin le 25 avril. Son objectif principal est de diminuer le gonflement du déficit commercial européen avec la Chine.

Contexte :

En octobre 2006, la Commission a présenté sa stratégie avec la Chine dans une communication intitulée « UE-Chine : rapprochement des partenaires, accroissement des responsabilités ». La communication dresse le bilan des relations entre l’UE et la Chine, alors que le pays devient une puissance économique et politique sur le plan mondial.

Elle souligne la volonté de l’UE de poursuivre et d’intensifier son engagement envers la Chine. Mais elle rappelle également que l’influence accrue de la Chine et sa position dans le monde vont de pair avec l’augmentation de ses responsabilités et des attentes vis-à-vis du pays.

Publié le même jour que la communication, le document de travail sur le commerce et l’investissement entre l’UE et la Chine, intitulé « Concurrence et partenariat » présente plus en détail les options politiques visant à garantir des relations commerciales « équilibrées, réciproques et mutuellement avantageuses ». Le document met l’accent sur les avantages de l’ouverture, de la concurrence et de l’accès au marché.

Enjeux :

Un tiers de la Commission européenne était en Chine entre le 23 et le 25 avril derniers. A l’issue de la visite, le président de la Commission, José Manuel Barroso, a déclaré que des progrès « utiles » avaient été réalisés dans des domaines de coopération essentiels tels que le commerce et le changement climatique. Il a néanmoins souligné qu’il fallait poursuivre les efforts.

L’objectif de la visite était d’apaiser les tensions alimentées par le gonflement du déficit commercial de l’Union avec la Chine, un certain nombre de différends d’ordre commercial et, plus récemment, par les poursuites pour violation des droits de l’homme engagées à la suite de la répression chinoise des manifestants tibétains.

Les deux parties ont également discuté de questions d’’investissement, de coopération technique, de protection du consommateur et de sécurité des produits, d’énergie ainsi que des droits de propriété intellectuelle.

Rééquilibrer le commerce et l’investissement

D’après le président Barroso, les volumes des échanges bilatéraux sont impressionnants et augmentent chaque année de 20 à 25%. Il a cependant ajouté qu’il existait des déséquilibres importants et que les deux pays avaient décidé d’y remédier.

En effet, le surplus commercial du pays avec l’UE est passé de 128 milliards d’euros en 2006 à approximativement 160 milliards en 2007. De plus, alors que les investissements chinois en Europe ont grimpé de 26% en 2006 pour atteindre 2,13 milliards d’euros, les investissements européens en Chine ont chuté de 37% au cours de la même période. Une baisse liée aux limitations de la Chine sur les investissements étrangers.

La réunion a marqué le lancement d’un nouveau mécanisme de dialogue économique et commercial de haut niveau entre l’UE et la Chine, destiné à restaurer l’équilibre dans les relations commerciales et d’investissement, en particulier en garantissant un accès au marché plus efficace et en améliorant les droits de propriété intellectuelle.

La nouvelle initiative de la Commission européenne ressemble au Conseil économique transatlantique. Ce dernier vise à renforcer la coopération économique entre l’Union européenne et les États-Unis. Le projet de l’exécutif européen a pour but d’accélérer la suppression des barrières commerciales auxquelles sont confrontées les entreprises européennes, qui tentent de s’établir en Chine, en proposant des solutions « concrètes et régulières » (EURACTIV 07/05/07).

Cependant, aucune mesure spécifique n’a encore été annoncée et le commissaire européen au Commerce, Peter Mandelson, a déclaré que l’UE continuerait parallèlement à se réserver le droit de prendre les mesures appropriées pour lutter contre le commerce déloyal, le dumping et les distorsions du marché lorsqu’elles ont un impact sur le commerce.

Coopérer en matière de commerce illégal

Un sujet très controversé dans les relations commerciales bilatérales est l’augmentation de la production chinoise de produits contrefaits, allant des DVD pirates aux jouets contrefaits, en passant par les pièces de voitures et les médicaments non autorisés. Selon l’UE, environ 80% des produits contrefaits sur le marché mondial proviennent de la Chine. Il est donc nécessaire de prendre des mesures pour lutter contre l’afflux de produits faux et contrefaits à destination de l’Europe, a déclaré M. Mandelson.

Il a néanmoins souligné que la Chine avait accéléré sa lutte contre le piratage, affirmant que depuis sa prise de fonction comme commissaire en 2004, le pays était passé d’un état de déni à un état de mobilisation nationale.

Les deux parties ont approuvé la signature d’un plan d’action commun sur les droits de douane en matière de DPI, afin d’encourager la coopération aux frontières sur la saisie de biens contrefaits et de mettre en œuvre des mesures concrètes destinées à réduire la vente de ces produits, lors du prochain sommet UE-Chine.

Climat et énergie

D’après M. Barroso, la Chine est maintenant prête à travailler avec l’UE pour faire progresser les négociations visant à présenter un pacte international sur le climat. Les commissaires ont salué le fait que la Chine soit d’accord pour inclure ses politiques nationales de réduction des émissions dans un accord international, a déclaré le président de la Commission. Sous réserve que les pays développés ne s’engagent à atteindre des objectifs de réduction à moyen terme pour 2020 et qu’un mécanisme de financement efficace soit mis en place pour promouvoir le transfert de technologies.

Il a également affirmé que les deux parties avaient convenu de mettre en place, d’ici la fin de l’année, un mécanisme de coopération bilatérale afin de lutter contre l’abattage illégal du bois. Il a enfin annoncé qu’un nouveau programme de gouvernance environnementale entre l’UE et la Chine, d’une valeur de 15 millions d’euros, serait lancé lors du prochain sommet UE-Chine.

Les deux parties ont également souligné la nécessité de coopérer en matière de normes afin de faciliter le transfert de technologies, en particulier dans les domaines de l’énergie et du développement durable. L’une des principales préoccupations de l’UE sera de répondre aux exigences locales concernant les secteurs chinois de la production et du transport d’électricité, qui limitent actuellement une plus grande implication de l’UE dans le secteur chinois de l’énergie.

Positions :

A la suite de la réunion, le commissaire européen au Commerce, Peter Mandelson, a déclaré qu’il pouvait affirmer en toute honnêteté que les discussions étaient plus rigoureuses et plus réalistes et qu’elles montraient un meilleur degré de compréhension et d’engagement que toute les autres discussions auxquelles il avait participé lors de ses visites à Pékin.

D’après le premier ministre chinois, Wen Jiabao, le nouveau mécanisme de dialogue économique et commercial de haut niveau deviendra une autre plateforme essentielle pour renforcer la confiance entre l’UE et la Chine.