L’UE renouvelle son intérêt pour les Balkans
L’UE a subi une certaine « fatigue des Balkans », cependant, avec les structures du Traité de Lisbonne et les dirigeants en place, il y a un intérêt renouvelé pour la région, selon Valentin Inzko, haut représentant et représentant spécial de l’UE en Bosnie-Herzégovine (BiH). Il s’est confié à EURACTIV Allemagne.
L’UE a subi une certaine « fatigue des Balkans », cependant, avec les structures du Traité de Lisbonne et les dirigeants en place, il y a un intérêt renouvelé pour la région, selon Valentin Inzko, haut représentant et représentant spécial de l’UE en Bosnie-Herzégovine (BiH). Il s’est confié à EURACTIV Allemagne.
Cependant, il a averti que les pays de la région sont encore loin de l’adhésion à l’Union européenne – particulièrement la Bosnie-Herzégovine, où les réformes constitutionnelles nécessaires ne vont pas se produire dans un avenir proche.
M. Inzko s’est adressé à EURACTIV Allemagne en marge d’une conférence de haut niveau sur l’Europe du sud-est à Berlin, organisée samedi (11 décembre) par l’Aspen Institute et le ministère des affaires étrangères de l’Autriche.
Suite à la refonte institutionnelle amenée l’année passée par le Traité de Lisbonne, l’UE peut désormais se concentrer sur l’élargissement aux Balkans, pense-t-il, maintenant que la chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton et le président du Conseil européen Herman Van Rompuy sont fermement en place.
« Les structures apparaissent désormais clairement. L’Europe peut se concentrer sur des questions de manière plus intense. Même au sein de la région, il devient clair que les contributions personnelles sont importantes », a-t-il dit.
Selon M. Inzko, la situation régionale au sein des Balkans n’a jamais été aussi bonne, mais chaque pays devra cependant encore remplir toutes les conditions politiques et économiques de l’UE en vue de l’élargissement.
Les entités bosniaques devraient être en concurrence
Le représentant spécial de l’UE en Bosnie pense que la concurrence entre les deux entités du pays – la Fédération bosniaque croate et la République serbe – devrait être encouragée de manière à faire avancer la réforme économique et élever le niveau de vie.
« Qui a la meilleure économie, le meilleur climat pour l’investissement ? […] Vous pourriez appliquer cette idée dans beaucoup de domaines. Nous aurions une concurrence positive pour les meilleures pratiques. Autrefois, il y avait une telle atmosphère positive », a-t-il expliqué.
Toutefois, tout progrès économique devrait être assorti d’une volonté politique des deux côtés, a admis M. Inzko, faisant référence à la recette « franco-allemande » pour se détacher du passé.
Ceci implique la réconciliation, puis la relance économique en combinaison avec un travail orienté sur les objectifs et une volonté politique, a-t-il expliqué. Un travail qui n’a rien de facile pour la Bosnie, pays profondément divisé par des critères ethniques, qui est toujours en rémission de la guerre dévastatrice de 1992-1995.
Une étape positive sera franchie le 15 décembre, lorsque l’UE accordera la possibilité de voyager sans visa à tous les citoyens bosniaques. M. Inzko a déclaré que les gens disent que ceci est un signe selon lequel ils sont les bienvenues en Europe en tant que visiteurs, en tant qu’individus mais aussi en tant que pays.
Les inquiétudes soulevées par certains Etats membres concernant un déferlement de demandeurs d’asile suite à la libéralisation des visas sont infondées, a-t-il ajouté.