L’UE s'engage dans la lutte contre les pesticides en Afrique
Les producteurs de coton au Mali ont réduit leur utilisation de pesticides toxiques et les coûts grâce à un projet éducatif en partie financé par l'UE.
Les producteurs de coton au Mali ont réduit leur utilisation de pesticides toxiques et les coûts grâce à un projet éducatif en partie financé par l'UE.
Les Nations unies ont mis en place des « écoles pratiques d’agriculture » en vue de former les producteurs de coton à utiliser des substituts aux produits chimiques antiparasitaires, comme les biopesticides.
Les chercheurs ont effectué l'étude d'impact des champs des écoles pratiques d'agriculture dans deux régions maliennes : Bla dans le Sud et Bougoni où le programme n'était pas encore opérationnel.
Seulement 34 % des producteurs de coton dans la région de Bla ont participé au programme. Or, cette méthode a permis de réduire de 92 % l’utilisation de pesticides toxiques dans cette région. C'est la preuve que les agriculteurs permettent de faciliter la diffusion par le bouche à oreille de la nouvelle méthode de lutte intégrée contre les ravageurs.
L'utilisation de biopesticides, tel que l'extrait de neem, a permis de réduire l'utilisation de 47 000 litres de pesticides toxiques, soit une économie de près de 500 000 dollars (364 000 euros) au cours de la période de l'étude. Les biopesticides, qui n'ont aucun impact négatif sur les rendements, se sont révélés trois fois plus rentables que les pesticides chimiques.
« Nous devrons tirer parti de l'expérience des agriculteurs. Une formation de terrain centrée sur les agriculteurs peut – et doit – jouer un rôle clé pour renforcer l'agriculture dans une optique plus durable », indique José Graziano da Silva, le directeur général de l'Organisation de l'ONU pour l'alimentation et l'agriculture (FAO). L'ONU, l'UE et le gouvernement néerlandais ont financé l'étude publiée la semaine dernière par la revue Royal Society.
Programme étendu à d’autres pays africains
La FAO a des programmes de lutte intégrée contre les ravageurs et des programmes agricoles visant à respecter l'environnement au Bénin, au Burkina Faso, en Guinée, en Mauritanie, au Niger, au Sénégal ainsi qu'au Mali.
L'UE alloue 2,5 millions d'euros de financement dans la deuxième phase du projet de production de coton au Mali, en collaboration avec la FAO et au Centre du commerce international.
Le coton est perçu comme la source régulière de revenus des agriculteurs au Mali, à condition que les prix à l'échelle mondiale restent stables. D'après les estimations de la FAO, 4 millions d'agriculteurs cultivent du coton au Mali, ce qui représente environ 8 à 9 % du produit intérieur brut national. Ces récoltes représentent également environ 75 % des recettes d'exportation du pays.
« L'industrie du coton est nécessaire en termes de création d'emploi dans le pays. C'est très positif de voir que des résultats aussi impressionnants sont déjà atteints », explique Alexandre Polack, porte-parole du commissaire européen en charge du développement, Andris Piebalgs.
Forte exposition à des pesticides toxiques
La Royal Society a également publié une autre étude montrant que certains pesticides conventionnels présentaient un risque pour la santé de l'homme et l'environnement en Afrique occidentale.
Selon l'étude sur les risques écologiques et sanitaires des pesticides, les travailleurs agricoles et leur famille sont régulièrement exposés à de hautes concentrations de pesticides toxiques, comme la méthamidophos et le diméthoate.
Les équipements de protection ne sont pas monnaie courante en Afrique occidentale et les signalements de maladies, d'hospitalisation, voire de décès, liés aux produits chimiques chez les travailleurs agricoles sont loin d'être rares.