La baisse des prix du pétrole et du carbone entravera-t-elle le développement des technologies propr

Les permis d’émission de CO2 de l’UE s’échangent actuellement à leur prix le plus bas depuis 18 mois, les prix du pétrole brut ont chuté de 50 % depuis juillet, et les marchés financiers sont en crise, risquant de jeter un froid sur les investissements dans les énergies renouvelables et les technologies propres.

WindEnergy_4.jpg
WindEnergy_4.jpg

Les permis d’émission de CO2 de l’UE s’échangent actuellement à leur prix le plus bas depuis 18 mois, les prix du pétrole brut ont chuté de 50 % depuis juillet, et les marchés financiers sont en crise, risquant de jeter un froid sur les investissements dans les énergies renouvelables et les technologies propres.

Le 28 octobre, le baril de pétrole brut s’échangeait à environ 63$, soit un peu moins de 51 euros, en comparaison du record historique de 147$ en juillet. Cette chute détonne avec des projections antérieures, qui prévoyaient que les prix du pétrole pourraient dépasser les 200$ d’ici 2009. Quant à la tonne de CO2, elle s’échange à 19 euros seulement dans le cadre du système européen d’échange de quotas d’émission (ETS).

Les prix bas du carbone et du pétrole brut pourraient faire office de mesures d’incitation pour les nouveaux entrants du système ETS, qui préféreraient acheter des permis d’émissions plutôt que d’investir dans des technologies qui réduisent les émissions. La plupart des analyses indiquent qu’il faut que le CO2 s’échange à un minimum de 25 euros la tonne afin de rendre les améliorations de l’efficacité profitables sur le long terme. 

Mais l’hiver pourrait être froid pour les promoteurs de projets en matière d’énergies renouvelables et pour les entreprises technologiques propres. C’est ce qu’a estimé Angus McCrone, rédacteur en chef de New Energy Finance, un service d’informations londonien spécialiste des renouvelables et des investissements dans les technologies propres. 

Alors que le pétrole est devenu meilleur marché en raison de la baisse de la demande globale suscitée par la crise financière, la faillite des marchés monétaires internationaux a entraîné une pénurie de financement pour les projets en matière de renouvelables, lesquels nécessitent souvent des fonds importants, a confié M. McCrone à Euractiv. Dans le même temps, les entreprises de taille plus restreinte dans les secteurs à faibles émissions de CO2 pourraient faire faillite ou alors être rachetées par des entreprises ou des services publics plus grands, a-t-il affirmé.

Selon Christian Kjaer, directeur exécutif de la European Wind Energy Association (EWEA), les perspectives ne sont clairement plus aussi bonnes qu’il y a deux mois. Mais M. Klaer signale toutefois que les carnets de commandes de la plupart des fabricants de turbines sont remplis pour les deux prochaines années. A son avis, si certains fabricants n’arrivent pas à satisfaire leurs commandes, celles-ci pourraient être reprises par des entreprises publiques plus grandes, qui restent solvables pour la plupart.  

L’industrie des énergies renouvelables pourrait également avoir une autre raison d’etre plus optimiste. Les mécanismes de soutien des énergies renouvelables et les objectifs contraignants en matière d’émission renforcent le secteur, le protégeant contre les répercussions d’un prix du carbone moins élevé, a indiqué M. McCrone. Une fois que les flux financiers seront revenus, les promoteurs de projets pourraient recevoir une réponse plus favorables de la part des banques, qui « ne seront certainement pas frileuses à l’idée d’investir dans les énergies renouvelable », un pari sûr pour l’avenir, a ajouté M. McCrone, qui s’attend à ce que la situation s’améliore dès le printemps 2009. 

Le pic pétrolier sauve les meubles ?

La Commission européenne a utilisé à plusieurs reprises les prix élevés du pétrole comme justification pour investir dans les énergies renouvelables ou dans d’autres technologies propres plus coûteuses. Ferran Tarradella, le porte-parole de la DG Energie de la Commission, a laissé entendre que l’avis de l’exécutif européen sur le sujet n’avait pas changé. 

A la question de savoir si les prix bas avaient ou non influencé la position de Bruxelles sur la question, il a proposé de consulter la prochaine édition du World Energy Outlook (perspectives de l’énergie mondiale) de l’Agence internationale de l’énergie. 

L’édition de cette année, qui devrait être publiée en novembre, prédit que la production mondiale de pétrole devrait baissé plus rapidement que prévu initialement, indiquant que les prix pourraient augmenter de nouveau de manière importante car les fournisseurs doivent lutter pour satisfaire la demande mondiale de pétrole, même si celle-ci a tendance à baisser, a indiqué le Financial Times du 29 octobre.