La Banque européenne d’investissement et la Caisse des dépôts amorcent une étroite coopération
Cette alliance engendre un potentiel de 20 milliards d’euros issus de l’épargne des Français transformés en prêts par la CDC, auxquels s’ajoutent 21 milliards d’euros de la Banque de Luxembourg.
Cette alliance engendre un potentiel de 20 milliards d’euros issus de l’épargne des Français transformés en prêts par la CDC, auxquels s’ajoutent 21 milliards d’euros de la Banque de Luxembourg.
Transports, très haut débit, logement, hôpitaux… Dans bon nombre de domaines d’intérêt public, les financements nationaux vont bénéficier du relais accru de l’Europe.
Jeudi 13 juin, la Caisse des dépôts et la Banque européenne d’investissement ont officialisé leur rapprochement, à travers la signature d’un accord de coopération. Le but est d’édifier un guichet unique qui permette aux collectivités d’obtenir une réponse rapide sur le financement de leurs infrastructures. Dans chacune des régions, elles pourront ainsi se tourner vers l’antenne locale de la Caisse des dépôts, qui leur fournira un avis sur les financements envisageables venant de la CDC comme de la BEI.
Une manière d’éviter la double instruction de dossiers, voire les divergences de vues sur la viabilité d’un projet. En interne, les équipes des deux institutions sont donc appelées à travailler plus étroitement.
Il s’agit de « mettre en ligne nos forces respectives », résume Philippe de Fontaine Vive, vice-président de la Banque européenne d’investissement. En apparence technique, cette alliance engendre un potentiel de 20 milliards d’euros issus de l’épargne des Français transformés en prêts par la CDC, auxquels s’ajoutent 21 milliards d’euros de prêts de la Banque de Luxembourg.
7 milliards d’euros de projets en 2013
« Cet accord, ce n’est pas du papier, c’est du concret », veut croire le ministre de l’Economie, Pierre Moscovici, présent à la cérémonie.
L’idée, qui a germé dans la tête de M. de Fontaine Vive, doit également aux bonnes relations que le numéro deux de la BEI entretient avec le patron de la CDC, Jean-Pierre Jouyet.
C’est d’ailleurs la première fois que la BEI engage un rapprochement « de cette envergure » avec un financeur public national. Reste à le concrétiser sur le terrain, ce qui pourrait prendre un peu de temps. En clair, les collectivités ne doivent pas s’attendre à pouvoir frapper à la porte du « guichet unique » dès la rentrée de septembre.
Mais une deuxième avancée devrait voir le jour ce mois-ci. Les 1ères assises européennes des PME, prévues le 24 juin, seront l’occasion d’annoncer un partenariat entre la BEI et la Banque publique d’investissement, en soutien, cette fois-ci, au secteur privé des PME.
Croissance
D’ici cet été, la banque publique devrait avoir financé un peu plus de 4 milliards d’euros de projets en France, pour atteindre 7 milliards à la fin de l’année 2013. Elle pourra également venir en appui aux universités, désormais autorisées par la dernière loi de finances à emprunter auprès de la BEI.
Cet agenda franco-européen s’inspire du « pacte de croissance » sur lequel François Hollande s’est appuyé en juin 2012 pour faire son entrée en scène auprès des 26 autres chefs d’Etat. S’il comporte une bonne partie de fonds déjà budgétés (les fonds structurels), il repose aussi sur une montée en puissance des prêts de la BEI.