La BCE maintient son taux directeur à 1%

En conférence de presse, Mario Draghi s’est félicité du succès des prêts à 3 ans et répondu aux suspicions sur le "Sarko trade". Il a également fait savoir sa préférence pour une signature fin janvier du nouveau traité.

EURACTIV.fr
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En conférence de presse, Mario Draghi s’est félicité du succès des prêts à 3 ans et répondu aux suspicions sur le « Sarko trade ». Il a également fait savoir sa préférence pour une signature fin janvier du nouveau traité.

Lors de sa première réunion de l’année, jeudi 12 janvier le Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) a décidé de maintenir son taux d’intérêt inchangé à 1%, marquant ainsi un temps mort après deux baisses consécutives fin 2011. 

L’incertitude reste forte et l’activité économique dans la zone euro a du plomb dans l’aile. Si les perspectives de croissance sont plutôt moroses, la BCE espère toutefois une reprise « très progressive » de l’activité dans le courant de l’année grâce à la demande extérieure et la batterie de mesures déployée pour soutenir la stabilité du système financier et le crédit. Dans ce contexte, des hausses de prix ne sont pas à craindre et le taux d’inflation devrait d’ici plusieurs mois être redescendu en-dessous de 2%. 

Succès des prêts à 3 ans

Mario Draghi s’est félicité du succès de la toute première opération de prêts à trois ans lancée au mois de décembre qui prouve, selon lui, que ce type de mesures non conventionnelles était nécessaire pour répondre aux difficultés de financement des banques et, à terme, rétablir la confiance sur le marché interbancaire. 

Jusqu’ici, une grande partie de ces fonds a été déposée à la BCE plutôt que d’être distribuée aux entreprises et aux particuliers. Le canal du crédit bancaire reste donc obstrué mais cette situation pourrait évoluer, a déclaré le gouverneur de la BCE, estimant qu’il pourrait fonctionner avec un certain délai. 

« Sarko trade »

Interrogé sur le succès des émissions de dettes espagnoles et italiennes, dans la matinée, qui pourrait augurer un début de « Sarko trade« , Mario Draghi a répondu qu’il était difficile de faire le lien entre l’octroi massif de liquidités aux banques et les conditions exceptionnellement bonnes dans lesquelles les deux États ont pu emprunter. Le président français n’avait pas attendu longtemps avant de suggérer que les banques pourraient utiliser les prêts de la BCE pour investir dans des emprunts d’États.

« Les établissements financiers qui participent aux adjudications ne sont pas tout à fait les mêmes que ceux qui empruntent auprès de la banque centrale », a-t-il expliqué, ajoutant que parmi ces acheteurs se trouvaient également des investisseurs étrangers. Selon Mario Draghi, les progrès considérables réalisés par les pays de la zone euro les plus en difficulté pour assainir leurs finances publiques pourraient, en revanche, y être pour quelque chose. 

La BCE pourrait à nouveau ouvrir son guichet aux banques. Elle prévoit d’adopter des critères plus souples pour élargir la base d’actifs qu’elle accepte en contrepartie de ses prêts. Interpellé par des journalistes sur les risques encourus par la banque, qui accepte de voir la qualité globale de son bilan diminuée, Mario Draghi a répondu qu’il était « suffisamment confiant » dans la capacité de la BCE à gérer ce risque, sans quoi il ne l’aurait tout simplement pas pris. 

Signature fin janvier

Le président de la BCE a par ailleurs salué le nouveau projet d’accord budgétaire entre les pays de l’UE dans lequel il semble placer beaucoup d’espoir. Il y voit un bon moyen de garantir la soutenabilité à long terme des finances publiques et préférait d’ailleurs que les dirigeants européens le signent à la fin du mois de janvier plutôt qu’en mars. D’ici là, les gouvernements doivent continuer sur leur lancée et « faire leur maximum » pour corriger durablement leurs déficits excessifs selon le calendrier fixé par l’UE dans le cadre des textes sur la gouvernance économique, entrés en vigueur le 13 décembre 2011.

Faisant écho au souci de certains dirigeants de relancer la croissance économique, dont Mario Monti, le banquier central a déclaré que les efforts de consolidation budgétaire étaient absolument essentiels mais qu’ils devaient aller « main dans la main avec des réformes structurelles » afin de créer des emplois.

Agent technique

Sans surprise, Mario Draghi est resté de marbre face aux diverses revendications pour accroître son implication dans la résolution de la crise de la dette. Il a rappelé que les rachats de dette publique étaient une mesure « temporaire » et que le rôle de la BCE auprès du Fonds européen de stabilité financière (FESF) se limitait à celui d’ »agent technique ».

Le FESF a certes besoin de son savoir-faire pour être pleinement opérationnel, mais il revient aux États de s’occuper du reste. « La BCE considère que toutes les initiatives des gouvernements pour accroître la force de frappe des mécanismes de stabilisation sont bienvenues », a-t-il déclaré en substance, avant d’insister sur la nécessité de les déployer au plus vite.