La Belgique continue de s’opposer au projet français de parc éolien en mer au large de Dunkerque
Lundi (24 avril), en marge du Sommet de la mer du Nord qui s’est tenu à Ostende, le ministre belge de la Mer du Nord, Vincent Van Quickenborne, a réaffirmé l’opposition de la Belgique à la construction d’un parc éolien au large de Dunkerque.
Lundi (24 avril), en marge du Sommet de la mer du Nord (North Sea Summit) qui s’est tenu à Ostende, le ministre belge de la Mer du Nord, Vincent Van Quickenborne, a réaffirmé l’opposition de la Belgique à la construction d’un parc éolien au large de Dunkerque.
La France prévoit la construction d’un parc éolien offshore composé de 46 turbines au large de Dunkerque, à la limite des eaux territoriales belges, pour 2028. Mais la Belgique estime ne pas avoir été consultée au sujet de l’emplacement du parc.
Elle espère donc trouver « une solution diplomatique » au différend avec Paris, a expliqué Vincent Van Quickenborne, cité par l’agence de presse Belga, en marge du Sommet de la mer du Nord, qui s’est tenu lundi à Ostende.
« Déplacer le parc [éolien de Dunkerque] un peu plus loin résoudrait tous les problèmes », a-t-il ajouté.
Le parc devrait avoir une capacité maximale de 600 MW, soit l’équivalent de la consommation annuelle de près d’un million de personnes. Il devrait se trouver à environ 11 kilomètres des côtes belges et ses éoliennes les plus hautes devraient mesurer 300 mètres.
Les habitants des communes côtières proches de la frontière avec la France craignent que le projet ne détériore le paysage, tandis que le port belge d’Ostende redoute qu’il n’entrave les voies de navigation à destination et en provenance du Royaume-Uni.
En outre, le projet de parc éolien français pourrait nuire aux opérations aériennes depuis et vers la base militaire de Coxyde.
En 2022, la Belgique avait porté l’affaire devant le tribunal administratif de Lille, qui l’avait adressée au Conseil d’État français, puis devant la Commission européenne sur la base de l’article 259 du Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE).
Des négociations — au cours desquelles la Belgique a notamment proposé à la France de déplacer son projet de 5 km vers le nord — sont toujours en cours, cependant, peu de progrès ont été réalisés jusqu’à présent.
Si le différend n’est pas résolu par la voie diplomatique, la Belgique n’exclut pas de saisir la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE), ce qu’elle peut d’ores et déjà faire.
Interrogé à ce sujet lors de la conférence de presse qui a suivi le sommet, le Premier ministre belge Alexander De Croo a déclaré que « dans la planification des parcs éoliens en mer, [la Belgique et la France] doivent discuter ».
Il a souligné que des « discussions intensives » avaient été menées sur ce projet en particulier et qu’il était « confiant » dans le fait qu’un accord « satisfaisant pour les deux pays » serait trouvé.
Le Sommet de la mer du Nord a réuni les dirigeants de la Belgique, de l’Allemagne, des Pays-Bas, du Danemark, de la France, de l’Irlande, du Luxembourg, de la Norvège et du Royaume-Uni, ainsi que la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et la commissaire européenne à l’Énergie, Kadri Simson.
L’objectif de ce sommet est de faire de la mer du Nord la plus grande centrale d’énergie verte d’Europe.