La Belgique demande la libération du travailleur humanitaire belge emprisonné en Iran
La Belgique a présenté mardi une demande officielle aux autorités iraniennes pour le transfert d’Olivier Vandecasteele de la célèbre prison iranienne d’Evin vers son pays d’origine.
La Belgique a présenté mardi (18 avril) une demande officielle aux autorités iraniennes pour le transfert d’Olivier Vandecasteele, le travailleur humanitaire belge détenu depuis plus d’un an dans des conditions épouvantables, de la célèbre prison d’Evin vers son pays d’origine.
L’année dernière, la Belgique avait négocié un accord d’échange de prisonniers avec l’Iran. Ce dernier prévoyait un moyen légal de transférer une personne condamnée en Iran vers la Belgique et aurait permis l’échange de M. Vandecasteele contre Assadolah Assadi, un diplomate iranien condamné par les autorités belges pour un projet d’attentat à la bombe qui devait avoir lieu en France lors d’un rassemblement du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI), une faction de l’opposition iranienne à l’étranger.
La Cour constitutionnelle belge avait ensuite suspendu l’accord en décembre, car M. Assadi aurait pu être libéré une fois de retour en Iran. Le recours en annulation avait été demandé par le CNRI et dix personnes. L’opposition iranienne en exil s’était alors félicitée de cette décision.
En janvier 2023, la situation de Olivier Vandecasteele s’est aggravée : il a été condamné à 74 coups de fouet et à 40 ans de prison pour espionnage et atteinte à la sécurité nationale et transféré dans la prison d’Evin.
Une lueur d’espoir
Finalement, début mars, la Cour constitutionnelle belge a rejeté le recours en annulation du traité de transfert de prisonniers avec Téhéran, une décision qui laisse espérer la libération du Belge.
Lundi (17 avril), la ministre belge des Affaires étrangères, Hadja Lahbib, s’est entretenue avec son homologue iranien, Hossein Amir-Abdollahian, pour discuter de la libération du travailleur humanitaire, a annoncé la ministre mardi. Elle a une fois de plus appelé à une amélioration de ses conditions de détention et a demandé que l’ambassadeur de Belgique en Iran soit autorisé à rendre visite à M. Vandecasteele.
Des progrès trop lents
Après l’annonce, le 3 mars dernier, du Premier ministre Alexander De Croo, du vice-premier ministre et ministre de la Justice Vincent Van Quickenborne et de la ministre des Affaires étrangères selon laquelle le gouvernement allait prendre « les mesures nécessaires » afin de « finaliser le traité », peu de progrès semblent avoir été réalisés. Olivier Vandecasteele est toujours emprisonné et sa santé se détériore de jour en jour.
La filleule du détenu, qui réside en Belgique, a décidé de s’enfermer à partir de samedi (22 avril) 18 heures, et ce pendant 24 heures, dans une réplique de prison sur la Grand-Place de Tournai, la ville dont M. Vandecasteele est originaire, pour dénoncer la « lenteur des progrès » dans cette affaire. Elle espère ainsi sensibiliser les autorités qui œuvrent pour la libération de Olivier Vandecasteele et accroître la mobilisation en Belgique et ailleurs.
La jeune étudiante recueillera également les lettres et les courriels de personnes qui souhaitent adresser un message aux autorités belges, qu’elle remettra ensuite au ministère belge des Affaires étrangères.
La libération du détenu des geôles iraniennes pourrait encore se faire attendre, car de nombreuses étapes sont nécessaires, rapportait RTL mardi . En effet, Olivier Vandecasteele a donné son accord pour le transfèrement en mars, mais les autorités doivent analyser le jugement, la peine déjà purgée et procéder à de nouveaux interrogatoires.
En outre, l’Iran — qualifiée d’« imprévisible » par une source proche du dossier — a demandé la semaine dernière une compensation financière pour la détention qu’elle juge « illégale » de M. Assadi.