La Belgique est le premier pays de la zone euro officiellement en récession

Selon des données dévoilées ce mercredi, la Belgique est le premier pays de la zone euro à être officiellement entré en récession au second semestre de l’année dernière, ouvrant la voie à la contraction de l’économie européenne, annoncée pour 2012.

EURACTIV.fr / Reuters
Frites belges.jpg
Frites belges.jpg

Selon des données dévoilées ce mercredi, la Belgique est le premier pays de la zone euro à être officiellement entré en récession au second semestre de l’année dernière, ouvrant la voie à la contraction de l’économie européenne, annoncée pour 2012.

Le produit intérieur brut (PIB) de la sixième économie de la zone euro s'est contracté de 0,2 % au quatrième trimestre, suite à une contraction trimestrielle de 0,1 % pour la période de juillet à septembre.

Les économistes considèrent généralement qu'une contraction sur deux trimestres consécutifs est la condition minimum pour qu'une économie soit déclarée en récession.

Cette nouvelle est tombée suite à la publication mardi (31 janvier) de données peu reluisantes, selon lesquelles le chômage dans la zone euro avait atteint 10,4 % en décembre. Ces chiffres ont obscurci les perspectives de croissance, un jour à peine après la décision des leaders européens de se concentrer sur l'emploi et la croissance.

La situation en Belgique annonce souvent ce qui se passera en Europe. De nombreux pays montrent déjà des signes de récession, touchés par la crise de la zone euro et par la vague d'austérité nécessaire pour la résoudre.

Les chiffres du dernier trimestre dans la zone euro, qui a connu une croissance de 0,2 % au troisième trimestre, seront publiés le 15 février.

L'Allemagne, la France, l'Italie et les Pays-Bas devraient rendre publiques leurs estimations de PIB le même jour. L'Espagne a fait savoir lundi dernier que son économie s'était contractée au quatrième trimestre.

Selon un sondage récent publié par Reuters, la zone euro dans son ensemble devrait se contracter de 0,3 % au cours de l'année à venir.

Des économistes ont déclaré mercredi que l'annonce de la récession belge n'était pas surprenante. Certains prévoyaient d'ailleurs à une contraction supérieure à 0,2 %.

Peu d'entre eux s'attendent à une amélioration au premier trimestre de 2012, notamment après les mesures d'austérité imposées par le nouveau gouvernement belge en décembre dans le but d'économiser 11,3 milliards d'euros.

Les ménages se montrent particulièrement méfiants. En janvier, l'indice de confiance des consommateurs a atteint son niveau le plus bas en deux ans et demi.

« Pour vendre leurs mesures, nos hommes politiques ont dû employer un tout autre langage […] Ils doivent évoquer la gravité de la situation. Ce sont des paroles qui inquiètent la population », a déclaré Etienne De Callatay, économiste pour la Banque Degroof.

Les économistes espèrent que la croissance reprendra au deuxième trimestre, mais cela dépendra des performances des partenaires commerciaux de la Belgique, dont l'économie est l'une des plus ouvertes au monde.

« Nous pourrions bénéficier d'une hausse venant de l'extérieur », a déclaré Steven Vanneste de BNP Paribas Fortis. « Les tensions financières sont en train de s'apaiser, je pense donc que le pire de la crise économique est derrière nous. L'économie est plus ou moins stable aujourd'hui, mais elle reste dans un état précaire. »

A l'époque de la confection du budget belge, la Commission prévoyait une croissance de 0,9  %, contre 1,9 % de croissance totale en 2011.