La Belgique voit le bout du tunnel
Le jour de sa fête nationale, la Belgique pourrait sortir de l'impasse dans laquelle elle se trouve depuis 400 jours et enfin parvenir à former un gouvernement. En effet, le parti conservateur flamand a accepté de prendre part aux négociations, mais cette fois, ce sera sans le vainqueur des élections de l'année passée, la N-VA, le parti séparatiste.
Le jour de sa fête nationale, la Belgique pourrait sortir de l'impasse dans laquelle elle se trouve depuis 400 jours et enfin parvenir à former un gouvernement. En effet, le parti conservateur flamand a accepté de prendre part aux négociations, mais cette fois, ce sera sans le vainqueur des élections de l'année passée, la N-VA, le parti séparatiste.
Le parti conservateur flamand, le CD&V, dirigé par Wouter Beke, a accepté mercredi (20 juillet) de rejoindre les négociations sans la NV-A, le parti nationaliste dont l'ambition à long terme est de séparer la Flandre de la Belgique.
Cette nouvelle, qui est survenue à la veille de la fête nationale belge, a été mal accueillie par la N-VA qui a déclaré être « très déçue » de cette volte-face de dernière minute.
Il s'agit en effet d'un revirement de position de la part du CD&V. Le parti de centre-droit était jusqu'à présent resté ferme sur la participation de la N-VA aux négociations, craignant que le parti séparatiste ne récolte encore plus de votes si de nouvelles élections devaient être organisées.
Menée par le charismatique Bart De Wever, la N-VA est devenue la plus grande force politique de Flandre suite aux élections de juin 2010, mais refuse toujours de former un gouvernement, arguant que les réformes proposées ne vont pas suffisamment loin s'agissant de donner plus de pouvoir aux régions.
La décision du CD&V implique également certaines conditions. S'exprimant à la télévision, Wouter Beke a déclaré que son parti ne participerait à l'élaboration d'un gouvernement que si une solution était trouvée pour la circonscription électorale de Bruxelles-Hal-Vilvorde. Bien que située sur le territoire flamand, la circonscription de BHV est bilingue et les électeurs bénéficient de privilèges spéciaux, comme la possibilité de voter en français.
Quand nous aurons scindé BHV, quand nous aurons résolu ce problème, ce sera un signe de confiance et nous pourrons négocier un gouvernement, a déclaré M. Beke à la télévision.
Elio Di Rupo, le dirigeant socialiste francophone nommé par le roi pour mener les discussions, prévoit d'organiser une réunion jeudi avec les leaders de huit partis politiques, flamands et francophones, pour former le prochain gouvernement.
Dans une note au roi début juillet, M. Di Rupo faisait des concessions sur la question de BHV, mais ses propositions ont été rejetées par la N-VA qui s'est plainte qu'elles n'allaient pas assez loin.
Avertissement du roi
Le roi Albert II avait auparavant mis en garde les dirigeants, lors d'un discours télévisé, que l'échec de la formation d'un gouvernement plus d'un an après les élections de juin 2010 menaçait le bien-être et la position du pays sur la scène internationale.
« Notre situation actuelle crée de l’inquiétude auprès de nos partenaires, et pourrait endommager notre position au sein de l’Europe, voire l’élan même de la construction européenne déjà mis à mal par les eurosceptiques et les populistes », a déclaré le roi des Belges. La Belgique héberge les institutions de l'Union européenne et les quartiers généraux de l'OTAN.
L'échec de la formation d'un nouveau gouvernement et le poids de la dette publique (environ 97 % du PIB) ont également fait grimper les coûts de l'emprunt du pays.
La Belgique s'est trouvée menacée sur les marchés financiers l'année dernière lorsque Standard & Poor's a averti qu'elle pourrait dégrader la note AA+ du pays, une perspective négative confirmée par Fitch en mai.