La coalition allemande au bord de l'implosion ?

Le chancelier allemand Olaf Scholz organisera des réunions avec ses deux partenaires de coalition afin de trouver un terrain d’entente, alors que des rumeurs font état d’un effondrement imminent de la coalition, les dirigeants ayant présenté des plans contradictoires pour redresser l’économie en difficulté du pays.

EURACTIV.com avec Reuters
Chancellor Scholz Speaks At The Bundestag Ahead Of Upcoming EU Meeting
Ce bras de fer est la dernière escalade en date autour de désaccords profonds sur la politique économique et industrielle à mener entre les partenaires de la coalition, qui réunit les libéraux, les Verts et le parti social-démocrate d’Olaf Scholz. [Sean Gallup/Getty Images]

Les rumeurs sur une implosion imminente de la coalition gouvernementale allemande vont bon train, sur fond de désaccords profonds au sujet de la relance d’une économie en berne. Le chancelier allemand Olaf Scholz doit rencontrer ses deux partenaires de coalition, dans l’espoir de trouver un terrain d’entente.

Un document divulgué par le ministre des Finances, le libéral Christian Lindner, a fait trembler Berlin vendredi : ses préconisations pour relancer l’économie allemande en berne après presque deux ans de récession sont non seulement draconiennes, mais elles vont à l’encontre du plan d’investissement que le ministre de l’Économie, l’écologiste Robert Habeck, avait lui-même présenté quelques jours plus tôt.

Ce bras de fer est la dernière escalade en date autour de désaccords profonds sur la politique économique et industrielle à mener entre les partenaires de la coalition, qui réunit les libéraux, les Verts et le parti social-démocrate d’Olaf Scholz.

De quoi alimenter les inquiétudes d’une implosion imminente.

Afin de faire taire les rumeurs les plus alarmistes, Olaf Scholz doit s’entretenir avec ses ministres Christian Lindner et Robert Habeck dans la journée, dans l’espoir de trouver des terrains d’entente et éviter le pire.

Des médias ont rapporté que deux ou trois réunions sont prévues au plus haut niveau en amont du conseil des ministres de mercredi 6 novembre prochain.

La détérioration économique du pays n’a fait qu’accentuer les divisions au sein de la coalition d’Olaf Scholz ces derniers mois — déjà encline aux luttes internes — sur les mesures à adopter pour stimuler la croissance et relancer l’industrie.

Alors que Robert Habeck souhaite la création d’un fonds d’investissement vert de plusieurs milliards d’euros, quitte à contourner les règles strictes relatives à la dette allemande, son homologue libéral préconise de larges réductions d’impôts pour stimuler l’économie et l’arrêt immédiat de toute nouvelle réglementation.

Le patron social-démocrate Lars Klingbeil, proche d’Olaf Scholz, s’est montré ouvert à la discussion sur les propositions de Christian Lindner ce week-end, sans pour autant donner un blanc-seing aux préconisations dans leur ensemble.

Quant aux libéraux, ils ne font pas mystère de leur volonté de quitter la coalition si le gouvernement n’acceptait pas ses propositions économiques.

L’alliance de centre droit CDU/CSU (Parti populaire européen), qui constitue la principale opposition, a réagi à ces événements en appelant à des élections anticipées. Les partis de la coalition gouvernementale plafonnent à 30 % des intentions de vote, selon un sondage publié samedi.