La Commission autorise le rachat de VMware par Broadcom pour 61 milliards de dollars, sous réserve de certaines conditions

Le service de la concurrence de l’UE a donné son feu vert, sous certaines conditions, au projet d’acquisition d'un montant de 61 milliards de dollars.

Euractiv.com
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En décembre 2022, la Commission a ouvert une enquête approfondie en vertu du règlement de l’UE sur les concentrations (EU Merger Regulation) afin d’évaluer le projet d’acquisition.

Mercredi (12 juillet), le service de la concurrence de l’UE a donné son feu vert, sous certaines conditions, au projet d’acquisition de l’entreprise américaine de semi-conducteurs Broadcom par la société informatique VMware, spécialisée dans les systèmes de virtualisations, pour un montant de 61 milliards de dollars.

En décembre 2022, la Commission a ouvert une enquête approfondie en vertu du règlement de l’UE sur les concentrations (EU Merger Regulation) afin d’évaluer le projet de fusion-acquisition.

VMware est une entreprise qui joue un rôle unique sur le marché des machines virtuelles, car elle fournit des logiciels permettant d’intégrer et de gérer plusieurs solutions dématérialisées dans un environnement dit « multi-cloud ».

Broadcom est un fabricant de semi-conducteurs qui fournit du matériel pour les infrastructures physiques telles que les centres de données et les réseaux haut débit. Afin de diversifier son portefeuille, le géant de la fabrication de semi-conducteurs a fait une offre d’acquisition de VMware en mai de l’année dernière.

L’un des plus grands mariages du secteur technologique est sur le point de se concrétiser, la Commission européenne ayant clos l’enquête approfondie qu’elle avait ouverte en décembre. Des enquêtes similaires sont toutefois en cours aux États-Unis et au Royaume-Uni.

Dans le même temps, l’approbation de l’autorité de concurrence de l’UE n’a pas été sans condition, car l’enquête a révélé que la fusion pourrait nuire à la concurrence dans le domaine des adapteurs de bus hôte de type fibre (Fibre Channel Host Bus Adapters, FC HBA) qui connectent physiquement des systèmes informatiques pour échanger des données.

La Commission estime notamment que Broadcom pourrait avoir les moyens et les incitations nécessaires pour couper les services de VMware à la société américaine Marvell, alors son seul rival sur le marché des adaptateurs de bus hôte de type fibre.

D’autres préoccupations oligopolistiques, telles que la position dominante de Broadcom sur le marché des contrôleurs d’interfaces réseau ou la possibilité de regrouper les logiciels de virtualisation de Broadcom avec VMware, ont été jugées infondées.

Selon la Commission, il ne serait pas possible pour Broadcom de combiner son logiciel de virtualisation avec celui de VMware, car ils sont achetés pour des usages différents et par d’autres divisions au sein d’une organisation cliente.

« En acquérant VMware, Broadcom pourrait restreindre ou dégrader l’interopérabilité entre le principal logiciel de virtualisation de serveurs de VMware et certains composants matériels concurrents », a déclaré Margrethe Vestager, responsable de la concurrence au sein de l’UE.

Pour Mme Vestager, « les engagements proposés par Broadcom permettront à son seul rival, Marvell, de continuer à rivaliser sur un pied d’égalité et garantiront une protection similaire à tout nouvel entrant ».

Les engagements acceptés par l’exécutif européen comprennent la garantie d’accès à l’interopérabilité des interfaces de programmation d’applications (API), aux matériaux, aux outils et à l’assistance technique, qui seraient nécessaires pour les FC HBA de tiers, ainsi que l’accès au code source de tous les pilotes FC HBA de Broadcom.

La Commission estime que ces mesures permettraient à Marvell d’assurer l’interopérabilité avec le logiciel de virtualisation de serveurs de VMware et d’accéder aux pilotes de Broadcom.

« Nous continuons à progresser dans nos différentes démarches réglementaires à travers le monde, ayant reçu l’autorisation légale de fusion en Australie, au Brésil, au Canada, dans l’Union européenne, en Afrique du Sud et à Taïwan, ainsi que l’autorisation de contrôle des investissements étrangers dans toutes les juridictions nécessaires », a déclaré un porte-parole de Broadcom.