La commission des droits de l’homme doit porter la voix des victimes et non des corrompus
Udo Bullmann, eurodéputé socialiste candidat à la présidence de la commission des droits de l’homme du Parlement européen (DROI), a confié à EURACTIV que la corruption n’avait pas sa place au sein de la commission.
Udo Bullmann, eurodéputé socialiste (S&D) candidat à la présidence de la commission des droits de l’homme du Parlement européen (DROI), a confié à EURACTIV que la corruption n’avait pas sa place au sein de la commission.
Lundi (6 février), le député européen Udo Bullmann sera proposé par le groupe des Socialistes et Démocrates pour remplacer Maria Arena, membre du même groupe parlementaire, à la présidence de la commission DROI. La socialiste belge avait démissionné de son poste en raison du scandale de corruption du Qatargate.
« Cette commission n’est pas destinée à ceux qui transportent de l’argent d’un hôtel à l’autre, mais à ceux qui [veulent porter la voix des] victimes de régimes autoritaires comme en Iran, des victimes d’agressions et de guerres comme en Ukraine, à ceux réprimés par la violence et le pouvoir dans des régimes non démocratiques », a déclaré l’Allemand.
L’ancienne vice-présidente du Parlement européen Eva Kaili (S&D), qui a été expulsée du groupe S&D en raison du scandale, est actuellement écrouée en Belgique pour corruption, blanchiment d’argent et appartenance à une organisation criminelle. Dans son appartement, ainsi que dans la résidence de l’ancien député européen Pier-Antonio Panzeri (S&D), des centaines de milliers d’euros avaient été trouvés dans des valises et des sacs.
Dans le cadre des enquêtes, la police belge s’est penchée sur certaines séances de différentes commissions du Parlement européen, notamment la commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures (LIBE) concernant le vote de l’exemption de visa pour les ressortissants qataris, et la commission DROI, qui planchait sur un projet de résolution sur les droits de l’homme dans le contexte de la Coupe du monde au Qatar.
« À mon plus grand regret, [la commission DROI] a encore été au centre de la crise actuelle […] à cause des activités criminelles de certaines personnes, la réputation de notre travail a été partiellement ruinée », a déclaré M. Bullmann.
Pas de compromis tactique
Par le passé, certains députés européens ont tenté de tempérer les critiques de l’UE dans le cadre de résolutions relatives aux droits du travail au Qatar, et ce notamment en raison de la nécessité d’obtenir de l’énergie provenant de ce pays du Golfe.
M. Bullmann estime que « la sous-commission des droits de l’homme a le privilège et le devoir de se consacrer uniquement aux personnes qui sont opprimées et dont les droits de l’homme sont bafoués ».
« Aucun autre argument ne doit compter, car il ne s’agit pas d’une commission de compromis tactique. C’est la commission des droits de l’homme. »
L’eurodéputé allemand a déclaré que le Parlement européen doit éradiquer tout acte répréhensible.
« Il n’y a pas de compromis sur les actes répréhensibles, que ce soit au sein du groupe S&D ou d’autres groupes politiques, causés par qui que ce soit et où que ce soit. Il s’agit là d’un travail de premier plan, à côté de notre mission politique », a-t-il noté.
M. Bullmann a souligné que cette commission est importante pour l’Europe, étant donné que les droits de l’homme sont le fondement de l’intégration européenne et, simultanément, le cœur de la mission de l’UE dans le monde.
Il a également déclaré qu’il était nécessaire d’unir toutes les forces politiques démocratiques qui souhaitent œuvrer au progrès démocratique au sein de cette commission.
« Le président [de la commission DROI] doit écouter et avoir l’esprit ouvert aux propositions venant de collègues d’autres groupes également », a-t-il ajouté.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]