Migrations : la Première ministre danoise appelle à davantage d’expulsions

Mette Frederiksen a déclaré dans son discours du Nouvel An que les ressortissants étrangers condamnés pour des crimes graves devraient être expulsés s’ils étaient condamnés à au moins un an de prison, indépendamment de leurs liens avec le Danemark.

EURACTIV.com
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Mette Frederiksen, la Première ministre danoise. [Getty Images/Jonathan Raa_NurPhoto]

Mette Frederiksen a fait savoir que son gouvernement centriste proposerait prochainement une « réforme globale de l’expulsion ». « Cela signifie que davantage de criminels étrangers seront expulsés du Danemark », a-t-elle expliqué dans un discours prononcé jeudi 1er janvier.

Depuis qu’elle est devenue présidente de son parti en 2015 et qu’elle dirige le gouvernement depuis 2019, Mette Frederiksen a remodelé et durci la ligne de son parti, Social-démocratie, en matière d’immigration.

« Grâce à une politique d’immigration danoise stricte — et à notre volonté de repousser les limites des conventions — nous expulsons déjà de nombreux criminels étrangers. »

« Nous ne voulons pas de votre conduite imprudente et de votre culture de domination », a déclaré la Première ministre. « Vous n’avez pas votre place ici. »

Environ un quart des conducteurs reconnus coupables de conduite imprudente au Danemark sont des ressortissants étrangers, selon des données de 2024.

En collaboration avec la dirigeante italienne de droite Giorgia Meloni (Frères d’Italie), Mette Frederiksen a mené une campagne visant à limiter l’interprétation de la Convention européenne des droits de l’Homme par la Cour européenne des droits de l’Homme en matière de migration, comme nous le révélions en mai dernier.

Le Conseil de l’Europe supervise la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH), tandis que la Cour européenne des droits de l’Homme veille au respect de ces droits dans 46 États membres, dont les 27 pays de l’UE.

En décembre 2025, une majorité des pays du Conseil de l’Europe a approuvé cette initiative, permettant une interprétation plus souple des règles relatives aux droits de l’homme dans les affaires de migration.

Mais Mette Frederiksen a indiqué que le Danemark n’attendrait pas que la cour modifie sa pratique. « Au lieu d’attendre plusieurs années, […] nous prenons les devants et mettons en œuvre la législation avant l’été », a-t-elle indiqué.

En n’attendant pas la décision de la Cour, le Danemark court un « risque procédural » de violation du droit international, a reconnu vendredi 2 janvier le ministre danois de l’Intégration, Rasmus Stoklund.

Le Danemark organisera de nouvelles élections nationales en novembre de cette année, au plus tard. Le parti de Mette Frederiksen a récemment enregistré une baisse dans les sondages et recueille désormais moins de 20 % des intentions de vote, contre 27 % lors des élections nationales de 2022.