La Commission doute des prévisions de croissance de la France
Dans son évaluation des programmes de stabilité de 14 pays membres de l’UE, la Commission émet notamment des réserves sur la capacité de la France à atteindre une croissance de 2,2% du PIB dès 2011.
Dans son évaluation des programmes de stabilité de 14 pays membres de l’UE, la Commission émet notamment des réserves sur la capacité de la France à atteindre une croissance de 2,2% du PIB dès 2011.
Le programme de stabilité de la France repose « sur des hypothèses macroéconomiques très optimistes », a indiqué la Commission européenne, mercredi 17 mars, en rendant son évaluation de la situation de 14 États membres de la zone euro.
Pour passer d’un déficit de 8,2% aujourd’hui à 3% en 2013, la France table sur une croissance de 2,5% à compter de 2011. Ces chiffres sont fondés sur des hypothèses « plutôt optimistes », selon la Commission. Ils ne laissent « aucune marge de sécurité si la situation économique évolue moins bien que prévu », ajoute l’Exécutif européen.
Outre l’évolution prévisionnelle du déficit, la Commission ajoute que l’emprunt public lancé par la France va lui aussi continuer à creuser le déficit jusqu’en 2012. L’institution s’interroge donc sur la capacité réelle de la France à tenir ses engagements et demande à Paris de « préciser la stratégie budgétaire qui lui permettra de corriger son déficit excessif et de réduire sa dette ».
Réagissant à ces critiques, le ministre du Budget, Eric Woerth, a indiqué à l’AFP que ces prévisions étaient « volontaristes », car « les prévisions de croissance sont par nature volontaristes ».
« Ce n’est pas en professant le pessimisme qu’on sort de la crise », a-t-il ajouté. « 2,5%, c’est la traduction d’une véritable sortie de crise et aussi le fait qu’on pourra bénéficier pendant cette sortie de crise d’un surcroît de croissance ».
Si la France n’atteignait pas ses objectifs, Eric Woerth a rappelé qu’il faudrait faire « des efforts supplémentaires sur les dépenses ». Le pays fait actuellement l’objet d’une procédure pour déficit excessif.
Outre la France, la Commission européenne a émis des critiques à l’encontre des 14 pays membres de l’UE. « D’une manière générale (…) les hypothèses de croissance sous-tendant les projections budgétaires sont jugées plutôt optimistes, ce qui signifie que les résultats budgétaires pourraient se révéler moins bons que prévu. »