La Commission et le FMI lancent une bouée de sauvetage à la Grèce
Les bailleurs de fonds internationaux ont lancé une bouée de sauvetage à la Grèce pour lui éviter un défaut de paiement le mois prochain après que le premier ministre, George Papandreou, a tenu tête aux mécontents du parti socialiste qui étaient contre les mesures d'austérité demandées par l'UE et le FMI.
Les bailleurs de fonds internationaux ont lancé une bouée de sauvetage à la Grèce pour lui éviter un défaut de paiement le mois prochain après que le premier ministre, George Papandreou, a tenu tête aux mécontents du parti socialiste qui étaient contre les mesures d'austérité demandées par l'UE et le FMI.
Dans une déclaration vouée à calmer les marchés, le commissaire européen aux affaires économiques, Olli Rehn, a affirmé que l'UE et le Fonds monétaire international devraient verser une nouvelle tranche du plan d'aide de 12 milliards d'euros début juillet afin de garder Athènes à flot.
M. Rehn a reconnu qu'il faudrait plus de temps pour mettre une place un second plan de sauvetage à l'intention du pays surendetté, dans la mesure où il faudra cette fois que des investisseurs privés y participent. Il a toutefois demandé qu'une décision soit prise d'ici mi-juillet et que le problème ne soit pas reporté au mois de septembre comme le suggérait l'Allemagne, le plus grand contributeur de l'UE.
« Je suis confiant dans le fait que dimanche l'Eurogroupe décidera du décaissement de la cinquième tranche de prêts à la Grèce pour début juillet. Et je suis sûr que nous pourrons clôturer la révision en cours en accord avec le FMI », a-t-il déclaré.
Une porte-parole du FMI a expliqué qu'un soutien financier renouvelé dépendrait de l'adoption par Athènes des réformes économiques qui ont été convenues et de l'approbation de ce soutien par le conseil d'administration du Fonds, où les pays émergents se montrent de plus en plus réticents à l'idée de verser davantage d'argent à l'Europe.
« Nous progressons dans les discussions concernant le financement complet du programme, et nous pensons aboutir à un résultat positif à ce sujet lors de la prochaine réunion de l'Eurogroupe », a-t-elle déclaré, faisant référence à la réunion ministérielle de la zone euro qui aura lieu à Luxembourg lundi prochain.
La situation politique dramatique à Athènes, où les manifestations de masse ont dégénéré et la formation d'un gouvernement d'unité a échoué mercredi, a affolé les marchés financiers qui s'inquiétaient déjà des tergiversations de l'UE quant à un second renflouement de la Grèce.
Remaniement ministériel
Le premier ministre grec, George Papandreou, nommera un nouveau gouvernement aujourd'hui (17 juin) afin d'obtenir l'appui nécessaire à la mise en place de réformes économiques douloureuses, malgré les protestations de la population et les différends qui font rage dans son parti et pourraient bien rapprocher le pays d'un défaut de paiement.
Il mettra probablement sur la touche son ministre des finances, George Papconstantinou, auteur du programme d'austérité qui a alimenté la colère de la population, déclenché des grèves et une violente manifestation cette semaine devant le parlement.
M. Papandreou a repoussé la présentation de la nouvelle équipe tard ce jeudi, ce qui laisse entendre qu'il peinerait à trouver la personne adéquate pour occuper le poste clé de ministre des finances. Le remaniement sera annoncé à 9 h ce matin (0600 GMT), a fait savoir le gouvernement.
Trois députés ont quitté le Parti socialiste de M. Papandreou en trois jours, en signe de protestation contre le plan d'austérité de 28 milliards d'euros sur cinq ans que l'Union européenne et le Fonds monétaire international ont exigé en échange de l'attribution d'une aide supplémentaire.
Deux députés sur les trois ont abandonné M. Papandreou jeudi suite à l'échec de la formation d'une coalition avec l'opposition conservatrice, mais ils seront remplacés par des membres loyaux au parti, ce qui laissera sa fragile majorité parlementaire intacte.
Les manifestations contre ces mesures, qui impliquent notamment de lever 50 milliards d'euros via des privatisations, s'ajoutent aux luttes politiques internes et à l'indécision des pays de la zone euro, ce qui inquiète grandement les marchés financiers internationaux.
EURACTIV avec Reuters
Article traduit de l'anglais par EURACTIV