La Commission européenne devrait recommander l’ouverture des négociations d’adhésion avec Kiev

La Commission européenne devrait recommander l’ouverture officielle des négociations d’adhésion de l’Ukraine à l’UE dans son rapport annuel sur les progrès de l’élargissement mercredi, tout en insistant sur la nécessité pour Kiev de remplir pleinement les conditions précédemment fixées.

Euractiv.com
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L’exécutif européen devrait présenter mercredi son rapport annuel sur les progrès de l’élargissement, qui, outre les six pays des Balkans occidentaux et la Turquie, inclura pour la première fois l’Ukraine, la Moldavie et la Géorgie. [Shutterstock/Alexandros Michailidis]

La Commission européenne devrait recommander l’ouverture officielle des négociations d’adhésion de l’Ukraine à l’UE dans son rapport annuel sur les progrès de l’élargissement mercredi (8 novembre), tout en insistant sur la nécessité pour Kiev de remplir pleinement les conditions précédemment fixées.

La décision concernant l’Ukraine devrait être officiellement prise ce mardi (7 novembre) et la recommandation de la Commission devra ensuite être approuvée par les dirigeants de l’UE lorsqu’ils se réuniront pour leur sommet régulier à Bruxelles à la mi-décembre.

L’exécutif européen devrait présenter mercredi son rapport annuel sur les progrès de l’élargissement, qui, outre les six pays des Balkans occidentaux — Albanie, Bosnie-Herzégovine, Monténégro, Kosovo, Macédoine du Nord et Serbie — et la Turquie, inclura pour la première fois l’Ukraine, la Moldavie et la Géorgie.

Les chefs de cabinet de la Commission devraient se réunir mardi en début d’après-midi pour recommander aux États membres d’ouvrir des négociations d’adhésion formelles avec l’Ukraine dès que les sept recommandations de réforme formulées par l’exécutif de l’UE en juin de l’année dernière auront été pleinement mises en œuvre.

Radio Svoboda a d’abord fait état d’un document interne de la Commission dans lequel l’exécutif de l’UE considère que quatre des sept critères ont été pleinement remplis, tandis que les trois autres devaient encore être mis en œuvre.

Parmi les recommandations en suspens, on retrouve les réformes et la législation sur les minorités nationales, la lutte contre la corruption ainsi que les progrès sur la « désoligarchisation » et le lobbying, selon des personnes au fait des discussions qui se sont entretenues avec Euractiv sous couvert d’anonymat.

La version finale du texte encore être finalisée, ont-elles souligné.

Signaux négatifs de la part de l’UE

Si tout se passe comme prévu et que les dirigeants de l’UE parviennent à un accord politique en décembre et donnent leur feu vert à l’ouverture des négociations d’adhésion avec l’Ukraine, une première conférence intergouvernementale (CIG) sur la question pourrait se tenir dès mars 2024.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a déclaré samedi dernier (4 novembre) aux journalistes à Kiev que l’Ukraine avait fait « d’excellents progrès » en ce qui concerne les conditions pour une future adhésion à l’UE et a dit au parlement ukrainien que le pays avait « déjà accompli bien plus de 90 % » des étapes requises.

Mme von der Leyen a ajouté qu’elle était « convaincue » que l’Ukraine pouvait atteindre son « objectif ambitieux » d’entamer les négociations d’adhésion d’ici la fin de l’année.

Cependant, le fait d’attribuer un pourcentage aux progrès des réformes semble avoir pris les responsables ukrainiens par surprise.

« Ce type de message est généralement négatif. Même 99,9 % est un message négatif pour l’Ukraine parce que nous parlons de transformations existentielles du pays », a déclaré la vice-Première ministre ukrainienne Olha Stefanichyna, en charge de l’intégration à l’UE, à un groupe de journalistes à Kiev.

Selon elle, cela revient à dire que l’Ukraine a fait 90 % et qu’il ne lui reste que trois jours pour faire le reste.

« Plus nous [progressions], plus nous soulevons de questions […] cela ne vous mènera en aucun cas à 100 % », a-t-elle déploré.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]