La Commission européenne se dit prête à activer le Fonds de solidarité pour les pays touchés par les inondations
Selon les déclarations du service de presse de la Commission auprès d'Euractiv Pologne, la Commission européenne est prête à activer le Fonds de solidarité de l’Union européenne (UE) pour les régions touchées par les récentes inondations.
Selon les déclarations du service de presse de la Commission auprès d’Euractiv Pologne, la Commission européenne est prête à activer le Fonds de solidarité de l’Union européenne (UE) pour les régions touchées par les récentes inondations.
La semaine dernière, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a annoncé que 10 milliards d’euros du Fonds de cohésion pourraient être mis à disposition des pays touchés par les graves inondations en Europe centrale. La Pologne, qui pourrait recevoir la moitié de cette somme, doute qu’elle suffise à compenser les dégâts.
« Nous savons que les pertes sont très importantes (…). Je pense que 5 milliards d’euros pour la Pologne est un montant adéquat, mais cela ne veut pas dire qu’il est suffisant pour couvrir toutes les pertes », a indiqué la semaine dernière le ministre des Finances Andrzej Domański (Plateforme citoyenne, Parti populaire européen).
En conséquence, Varsovie demandera l’activation du Fonds de solidarité de l’UE, qui fournit une assistance financière aux États membres de l’Union et aux pays candidats à la suite de catastrophes naturelles majeures et, depuis 2020, d’urgences majeures en matière de santé publique.
« La Commission est ouverte à la mobilisation du fonds, mais pour ce faire, elle a besoin d’une demande de la part des États membres », a rappelé un porte-parole à Euractiv Pologne.
« La Commission ne peut pas agir unilatéralement. Le fonds ne peut être activé qu’à la demande des États membres », a-t-il expliqué, ajoutant qu’aucune demande de mobilisation de ce fond n’avait été déposée.
Cependant, il a également noté que le Fonds de solidarité n’est pas un instrument d’urgence, mais un outil de redressement post-catastrophe. Les pays disposent de 12 semaines à compter de la date des premiers dégâts pour soumettre une demande.
« Et les pays prennent généralement leur temps pour estimer précisément les pertes », a souligné le porte-parole.
La Pologne a déjà annoncé qu’elle allait solliciter l’aide du Fonds de solidarité.
L’argent du Fonds de solidarité « nous facilitera grandement la préparation et la mise en œuvre du programme de redressement », a déclaré jeudi dernier le Premier ministre Donald Tusk (Plateforme citoyenne, PPE).
Le ministre polonais de l’UE Adam Szłapka (Moderne, PPE) a adressé une lettre à la Commission européenne la semaine dernière annonçant l’intention de Varsovie d’utiliser le Fonds de solidarité de l’UE.
« En raison de l’ampleur des dégâts, la Pologne va solliciter une aide financière au Fonds de solidarité de l’UE », a-t-il annoncé, ajoutant qu’une demande officielle serait soumise dès que l’ampleur des dégâts aura été évaluée.
L’eurodéputé Bogdan Zdrojewski (Plateforme citoyenne, PPE) a appelé la semaine dernière à « modifier, rendre plus flexible et étendre » le Fonds de solidarité, tandis que son collègue Michał Dworczyk (PiS, Conservateurs et Réformistes européens) a appelé à ce que toutes les sessions du Parlement européen se tiennent à Bruxelles au cours de l’année prochaine afin que l’argent économisé puisse être dépensé en faveur des victimes des inondations.
Modification possible du budget
Le gouvernement polonais n’exclut pas la nécessité d’amender le projet de budget pour 2025 afin d’allouer des fonds à la reconstruction des régions touchées, a déclaré Andrzej Domański à la radio privée ZET lundi 23 septembre.
« Il sera nécessaire d’augmenter les réserves spéciales dans le budget pour 2025 », a-t-il expliqué, ajoutant que la décision est « une affaire des deux prochaines semaines ».
Les deux milliards de zlotys (468 millions d’euros) que le gouvernement a déjà affectés à la réparation des dommages sont bien insuffisants, a-t-il affirmé, précisant que les pertes réelles s’élèvent à « des dizaines de milliards de zlotys ». Le gouvernement est donc à la recherche de ressources supplémentaires.
Le ministre a confirmé que l’État veillerait au rétablissement complet des régions touchées.
« Nous parlons de véritables tragédies humaines, qui […] ne sont pas imputables aux habitants des zones sinistrées. C’est pourquoi les infrastructures et les maisons doivent être reconstruites, et l’État s’en chargera étape par étape », a-t-il assuré.
Il a précisé que le gouvernement travaillait à l’élaboration de nouvelles lois et à la modification des lois existantes pour faciliter l’aide.
« Dès cette semaine, nous adopterons un ensemble de mesures concernant l’aide aux victimes des inondations », a-t-il conclu.