La Commission reste discrète sur ses "négociations secrètes" avec la Turquie
Une porte-parole de la Commission européenne a déclaré aujourd'hui (8 novembre) qu'elle n'était pas en mesure de confirmer les comptes-rendus médiatiques concernant les "négociations secrètes" visant à débloquer les discussions d'adhésion de la Turquie dans lesquelles le commissaire pour l'Elargissement, Štefan Fülen aurait joué un rôle central.
Une porte-parole de la Commission européenne a déclaré aujourd'hui (8 novembre) qu'elle n'était pas en mesure de confirmer les comptes-rendus médiatiques concernant les "négociations secrètes" visant à débloquer les discussions d'adhésion de la Turquie dans lesquelles le commissaire pour l'Elargissement, Štefan Fülen aurait joué un rôle central.
Lors des deux dernières semaines, l'UE et la Turquie ont mené des négociations secrètes visant à mettre en pratique le Protocole Ankara de 2005.
Cela permettrait à l'UE de débloquer certains chapitres liés à l'adhésion qui étaient gelés à cause du refus d'Ankara d'admettre des bateaux et des avions en provenance de la République de Chypre dans ses ports et aéroports (voir "Background")
L'acteur principal des négociations fut Štefan Füle, rapporte le journal turc Milliyet, décrivant une stratégie de "concessions mutuelles".
Le scénario décrit verrait la Turquie ouvrir un ou plusieurs de ses ports aux bateaux en provenance de la République de Chypre. En échange, un ou plusieurs Etats membres commenceraient à voler vers l'aéroport d'Ercan sur le territoire de la République turque de Chypre du Nord qui n'est reconnue que par Ankara.
Sur ces bases, les négociations devraient se débloquer, écrit le Milliyet.
Les comptes-rendus dans la presse turque sont "intéressants" et sonnent "comme un roman d'espionnage", a déclaré Angela Filote, la porte-parole de M. Füle, à Bruxelles aujourd'hui. Questionnée de toutes parts, elle a répondu qu'elle ne savait pas personnellement si les discussions décrites par le Milliyet avaient réellement eu lieu, mais elle n'a pas démenti.
Ces rapports de presse semblent coïncider avec des déclarations faites par de hauts fonctionnaires turcs.
Se confiant à EURACTIV récemment, le chef des négociations turc, Egemen Ba???, a dit que son pays ouvrirait ses ports et ses aéroports "demain" si les décisions prises en avril 2004 par le Conseil européen sont appliquées.
"Si les avions espagnols, néerlandais, allemands et français atterrissent à l'aéroport d'Ercan [dans le Nord de Chypre], si d'autres bateaux européens déchargent leurs containers dans la partie Nord de Chypre, alors les avions et les bateaux chypriotes grecs sont les bienvenus", avait déclaré M. Ba???.
Chypre s'est également montrée flexible. Le président du pays, Demetris Christofias, a exposé brièvement une proposition le 11 octobre qui pourrait accélérer les négociations de réunification de l'île en ouvrant le port de Famagusta, ville fantôme aujourd'hui, au commerce international.
Selon le Milliyet, la réunion des leaders de l'UE à Bruxelles les 16 et 17 décembre donnera lieu à des décisions sur le déblocage de la demande d'adhésion de la Turquie. Le pire scénario, écrit le quotidien, serait que les négociations pour la Turquie restent complètement bloquées sous le Protocole d'Ankara.