La conférence sur le climat à Varsovie accouche d’un compromis

Les quelque 200 pays représentés à la conférence de l'ONU sur le climat ont finalement maintenu leur objectif : parvenir à un nouvel accord sur le climat en 2015. Ce compromis entre pays riches et pays pauvres sur le partage des efforts nécessaires permettrait de ralentir le réchauffement climatique.

EURACTIV.com / Reuters
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Les quelque 200 pays représentés à la conférence de l'ONU sur le climat ont finalement maintenu leur objectif : parvenir à un nouvel accord sur le climat en 2015. Ce compromis entre pays riches et pays pauvres sur le partage des efforts nécessaires permettrait de ralentir le réchauffement climatique.

Les discussions, qui ont duré deux semaines dans la capitale polonaise, devaient se terminer le 22 novembre, mais elles ont été prolongées jusqu'au 23, le temps de parvenir à un accord.

Il s'agissait de sortir de l'impasse sur la question du calendrier du nouvel accord sur le climat, premier accord onusien qui fixerait des objectifs en matière d'émissions de gaz à effet de serre pour tous les pays. Ce pacte doit être conclu lors d'une prochaine conférence à Paris en 2015 et entrer en vigueur après 2020.

Les négociateurs se sont finalement mis d'accord pour que l’ensemble des pays travaillent à réduire leurs émissions, et ce, dès que possible et dans l'idéal pour le premier trimestre de 2015.

Sous le régime du dernier accord sur le climat, le protocole de Kyoto, seuls les pays les plus développés étaient tenus de limiter leurs émissions de gaz à effet de serre. C'est d'ailleurs l’une des raisons pour lesquelles les États-Unis n'avaient pas accepté ce texte. Washington voulait que des pays en forte croissance économique comme la Chine et l'Inde participent également aux efforts.

« Juste à point nommé, les négociateurs à Varsovie ont fait suffisamment pour que le processus puisse continuer », a déclaré Jennifer Morgan du World Resources Institute.

L'aide au climat sous la sellette

Avant le 23 novembre, le seul accord concret portait sur la protection des forêts tropicales, qui jouent un rôle très important dans l'absorption des émissions de dioxyde de carbone.

Même après la fin du blocage, les discussions ont continué sur une autre question qui a divisé pays riches et pays pauvres : l'aide que les pays développés doivent verser à ceux en développement pour les aider à réduire leurs émissions et s'adapter aux conséquences du changement climatique.

Les pays industrialisés, qui avaient convenu en 2009 de faire passer leur assistance en matière de climat à 100 milliards de dollars (75 milliards d'euros) par an à partir de 2020, contre dix milliards de dollars par an entre 2010 et 2012, se sont montrés réticents à fixer des objectifs pour la période 2013-2019.

Un projet d'accord se contentait seulement de demander aux pays développés de mettre en œuvre des « niveaux plus élevés » d'aide. Ce texte suggérait aussi que ces pays fassent un point tous les deux ans sur l'état d'avancement de leurs efforts pour parvenir au niveau de 100 milliards de dollars.

Les délégués à Varsovie ont également discuté d'un « Mécanisme de Varsovie » qui donnerait des outils aux pays en développement pour faire face aux événements climatiques extrêmes, vagues de chaleur, sécheresses ou inondations, montée du niveau des mers ou désertification.

Les pays en développement veulent un « mécanisme » bien séparé des structures existantes même si les pays riches disent qu'il ne sera pas abondé au-delà des 100 milliards de dollars par an prévus à partir de 2020.