La Croatie rejoint l’espace Schengen, la Bulgarie et la Roumanie laissées de côté

La Croatie fera son entrée dans l’espace Schengen en janvier prochain. Les ministres de l’Intérieur de l’UE ont approuvé sa demande jeudi (8 décembre), mais ont de nouveau bloqué les demandes de la Bulgarie et de la Roumanie.

Euractiv.com
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La Roumanie et la Bulgarie « remplissent toutes les conditions requises. Elles attendent depuis longtemps. Les citoyens bulgares et roumains méritent de faire pleinement partie de l’espace Schengen », a affirmé Ylva Johansson, commissaire européenne chargée des Affaires intérieures. [EPA-EFE/STEPHANIE LECOCQ]

C’est décidé, la Croatie fera son entrée dans l’espace Schengen en janvier prochain. Les ministres de l’Intérieur de l’UE ont approuvé sa demande jeudi (8 décembre), mais ont de nouveau bloqué les demandes de la Bulgarie et de la Roumanie.

L’Autriche a bloqué les demandes de la Bulgarie et de la Roumanie, tandis que les Pays-Bas se sont opposés à la candidature de la Roumanie. Les deux pays ont toutefois approuvé celle de la Croatie.

L’espace Schengen, sans frontières, est la plus grande zone de libre circulation au monde et est souvent considéré comme l’une des principales réalisations de l’intégration européenne. Certains États membres de l’UE ont toutefois rétabli les contrôles aux frontières depuis la crise migratoire de 2015.

Le ministre autrichien de l’Intérieur, Gerhard Karner, a confié aux journalistes à Bruxelles en amont de la réunion que l’Autriche avait enregistré 100  000 passages illégaux de la frontière depuis le début de l’année. Parmi eux, 75  000 personnes n’avaient jamais été enregistrées sur le continent auparavant.

Par ailleurs, la Croatie, dernier pays à avoir rejoint l’UE en juillet 2013, intégrera également la zone euro en janvier. Son processus d’intégration européenne a progressé beaucoup plus rapidement que celui de la Roumanie et de la Bulgarie, qui sont quant à elles devenues membres du bloc en 2007 mais n’ont guère enregistré de progrès en matière d’intégration depuis lors.

Bien que cela ne soit pas une surprise, la décision de bloquer les adhésions de la Bulgarie et de la Roumanie à Schengen — que tous les membres de l’UE sont tenus de rejoindre en vertu des engagements pris dans le cadre des traités de l’Union — est un coup dur pour les deux pays et a été accueillie avec consternation par la Commission européenne. Celle-ci avait récemment exhorté les États membres de l’UE à approuver les trois candidats.

La Roumanie et la Bulgarie « remplissent toutes les conditions requises. Elles attendent depuis longtemps. Les citoyens bulgares et roumains méritent de faire pleinement partie de l’espace Schengen », a affirmé Ylva Johansson, commissaire européenne chargée des Affaires intérieures, face aux journalistes après la réunion.

« En ce qui concerne l’adhésion de la Roumanie et de la Bulgarie, nous ne sommes pas unis et cela nous rend très faibles et cela me rend également triste », a-t-elle poursuivi. Elle a souligné que des efforts supplémentaires seront déployés pour que ces pays intègrent l’espace Schengen avant la fin du mandat de la Commission actuelle, en 2024.

L’exécutif européen a déclaré que la Bulgarie et la Roumanie étaient prêtes à rejoindre l’espace Schengen depuis 2011, mais qu’une poignée d’États avaient initialement bloqué leurs demandes d’adhésion en raison de leurs inquiétudes concernant la corruption et la migration.

« Deux États membres ont exprimé des réserves, mais ils n’ont pas de préoccupations particulières en ce qui concerne Schengen », a indiqué le ministre bulgare de l’Intérieur, Ivan Demerdzhiev, aux journalistes après la réunion.

En début de semaine, Sofia a menacé de prendre des mesures de rétorsion à l’encontre de l’Autriche et des Pays-Bas si son parcours vers l’espace Schengen venait à être bloqué.

En outre, le mois dernier, une large majorité du Parlement européen a demandé que les trois pays rejoignent Schengen, qualifiant le veto opposé à la Roumanie et à la Bulgarie de « discriminatoire ».

« La Roumanie et la Bulgarie sont prêtes à faire partie de Schengen et je suis très reconnaissant aux deux pays pour tout leur travail », a déclaré le ministre tchèque de l’Intérieur, Vít Rakušan, au nom de la présidence du Conseil de l’UE.

« Je suis convaincu que leur moment viendra bientôt », a-t-il conclu.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]