La démission du Premier ministre bulgare entraîne une rotation sans précédant des dirigeants du pays

Le Premier ministre Nikolai Denkov a présenté sa démission mardi, marquant le début d’un processus politique sans précédent de rotation des Premiers ministres bulgares.

EURACTIV Bulgarie
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Nikolaï Denkov était devenu Premier ministre il y a neuf mois, à la suite d’un « accord à l’amiable » entre le GERB et le PP-DB pour sortir la Bulgarie d’une crise politique qui a duré deux ans. [EPA-EFE/Thomas Padilla / POOL MAXPPP OUT]

Le Premier ministre Nikolai Denkov a présenté sa démission mardi (5 mars), marquant le début d’un processus politique sans précédent de rotation des Premiers ministres bulgares.

M. Denkov, membre de la coalition pro-européenne de centre droit, a occupé le poste de Premier ministre au cours des neuf derniers mois et, selon l’accord politique préliminaire, l’ancienne commissaire européenne bulgare Mariya Gabriel du GERB prendra sa succession.

Si le processus politique se déroule sans accroc, la Bulgarie sera gouvernée pendant les neuf prochains mois par Mme Gabriel, dont le parti est lié au Parti populaire européen (PPE) et qui soutient Ursula von der Leyen pour un second mandat à la tête de la Commission européenne. Le parti de Nikolai Denkov (Le changement continue, qui fait partie de la coalition PP-DB) est associé à Renew Europe.

« Pour nous, tout contrat est une promesse entre les parties, et les bonnes promesses sont celles qui sont tenues. C’est pourquoi nous proposerons que l’Assemblée nationale vote demain [6 mars] sur la démission du gouvernement de Nikolaï Denkov », peut-on lire dans un message de son parti.

Nikolaï Denkov était devenu Premier ministre il y a neuf mois, à la suite d’un « accord à l’amiable » entre le GERB et le PP-DB pour sortir la Bulgarie d’une crise politique qui a duré deux ans. Le gouvernement issu de cet accord a plusieurs objectifs principaux, dont l’entrée de la Bulgarie dans l’espace Schengen et la zone euro et l’aide à l’Ukraine pour se défendre contre l’agression russe.

Juste avant sa démission, M. Denkov, membre de la coalition pro-européenne de centre-droit, a occupé le poste de premier ministre au cours des neuf derniers mois et, selon l’accord politique préliminaire, l’ancienne commissaire européenne bulgare Mariya Gabriel du GERB prendra sa succession.

Malgré les accords politiques préliminaires entre le GERB et le PP-DB, la rotation des premiers ministres ne se fera pas sans encombre. Ces dernières semaines, les tensions entre les principaux acteurs de la bataille pour les postes de direction se sont également aggravées, menaçant la stabilité politique du pays.

Mardi, le GERB a proposé au PP-DB de conclure un accord de coalition à long terme pour les trois prochaines années, mais cette proposition n’a pas été acceptée sans équivoque.
Le parti GERB de l’ancien Premier ministre Boyko Borissov offre au parti de la minorité turque du pays, le DPS (ALDE), un rôle important dans la formule gouvernementale, ce que le PP-DB n’accepte pas. L’un des problèmes est que le codirigeant nouvellement élu du DPS, Delyan Peevski, est un homme d’affaires et politicien à la réputation controversée qui a été sanctionné par les États-Unis dans le cadre de la loi Magnitsky pour corruption il y a deux ans.

Le PP-DB considère l’influence de M. Peevski et de son parti comme un frein aux réformes dans le pays, car les partenaires internationaux de la Bulgarie l’ont sanctionné pour corruption. Au cours des neuf derniers mois, le DPS a toutefois soutenu la mise en œuvre de la réforme judiciaire radicale qui a ouvert la voie à l’adhésion de la Bulgarie à l’espace Schengen.

« C’est une tâche irrévocable et fondamentale que d’assurer la poursuite des réformes du système judiciaire, des services de sécurité, l’élection de membres honorables et experts des régulateurs, la pleine adhésion à Schengen et à la zone euro », a déclaré le PP-DB après la démission du gouvernement.

Le gouvernement a proposé au parlement d’accepter une aide militaire record à Kiev, d’une valeur de plus de 100 millions d’euros. Cette aide n’a pas encore été votée par le Parlement.