La destitution du président roumain se décidera sur référendum [FR]

Un référendum prévu pour le 19 mai 2007 décidera de la destitution du président roumain Traian Basescu, accusé de corruption, tout en multipliant les doutes sur la capacité de la Roumanie à satisfaire aux normes européennes.

Un référendum prévu pour le 19 mai 2007 décidera de la destitution du président roumain Traian Basescu, accusé de corruption, tout en multipliant les doutes sur la capacité de la Roumanie à satisfaire aux normes européennes.

Le 24 avril 2007, le Parlement roumain a fixé la date du référendum, qui ne peut être valide qu’à partir d’un taux de participation de 50%. Toutefois, dans l’éventualité d’une participation trop faible, le Parlement a apporté son soutien à des dispositions permettant de procéder à un nouveau référendum dans les 30 jours suivants.

Le président Basescu a été suspendu de ses fonctions, accusé d’abus de pouvoir et de violations constitutionnelles notamment « d’avoir contrôlé par l’intermédiaire de proches toutes les institutions de l’Etat, interféré avec la loi et protégé les intérêts de la mafia dans l’économie roumaine ». Toutefois, la Cour constitutionnelle a rejeté les accusations, invoquant un manque de preuve.

Les luttes incessantes entre le président et son premier ministre Calin Popescu-Tariceanu sont l’un des traits caractéristiques de la politique roumaine tout au long de l’année dernière. Les députés roumains se sont donc prononcés massivement en faveur de la suspension du président Basescu à 322 voix pour, 108 contre lors d’un vote au Parlement le 19 avril 2007.

Le président avait initialement annoncé qu’il démissionnerait et briguerait un nouveau mandat en cas de suspension, mais il a depuis affirmé que le référendum mettant en balance sa destitution était le meilleur moyen de résoudre la crise politique : « La meilleure solution pour la Roumanie est, selon moi, de la faire prendre part au référendum ».

Selon des observateurs, Basescu est très populaire, soutenu par 65% de l’électorat selon des sondages récents, et pourrait donc bien remporter le prochain référendum. Il prolongerait toutefois la crise, étant contraint de travailler avec le Parlement qui lui est contraire.

La querelle a suscité des inquiétudes sur l’aptitude de la Roumanie à répondre aux conditions européennes dans le domaine judiciaire, ce qui pourrait affecter sa capacité d’absorption des fonds européens.

Le président de la Commission européen, José Manuel Barroso, a appelé à la « résolution de la crise par les institutions roumaines dans le respect de la démocratie et des principes constitutionnels dans les meilleurs délais. La Roumanie sait qu’elle doit poursuivre les réformes nécessaires, à savoir la réforme de la justice et la lutte contre la corruption, points sur lesquels elle s’était engagée au moment de son adhésion à l’UE ».

Sachant que le référendum sur la destitution qui se tiendra le 20 mai 2007 pourrait ne pas résoudre la crise, de nouvelles élections législatives auront lieu dans le courant de l’année, offrant peut-être la stabilité nécessaire.