La directive sur les services de paiements à l’épreuve des spécificités nationales

La révision des règles de fonctionnement de l’espace unique de paiements en euros (SEPA) sera présentée par la Commission européenne courant juillet. Bruxelles est cependant confrontée aux cadres règlementaires et habitudes de consommations nationaux.

EURACTIV.fr

La révision des règles de fonctionnement de l’espace unique de paiements en euros (SEPA) sera présentée par la Commission européenne courant juillet. Bruxelles est cependant confrontée aux cadres règlementaires et habitudes de consommations nationaux.

La révision de la directive sur les services des paiements (PSD II), attendue en juillet, vise à ouvrir les marchés des paiements par cartes et internet à d’autres acteurs. Selon le document préparatoire consulté par EURACTIV Bruxelles la Commission européenne cherche à atteindre plusieurs objectifs :

  • Harmoniser les marchés nationaux et réduire les écarts entre les opérateurs sur les règles de paiements.
  • Améliorer la standardisation et l’interopérabilité entre les différents systèmes (cartes, internet, smartphones).
  • Prendre en compte les différentes habitudes des consommateurs européens au sein du SEPA.

La directive pourrait aussi combler l’insécurité juridique en définissant clairement les droits et devoirs des organisations actives sur le marché, estime Jérôme Raguénès de la Fédération bancaire française, dans un article publié par la Revue banque en avril 2013. 

Attitudes contrastées

Selon un rapport publié par MasterCard, avec 47 millions de cartes de débits et de crédits sur son territoire, les Britanniques ont des habitudes proches des consommateurs américains. A l’inverse, les consommateurs italiens privilégient encore le paiement en espèces, explique l’opérateur. 

En Europe, les nouvelles générations seraient plus réceptives au paiement par cartes bancaires, sur internet, sur les smartphones ou encore via les tablettes. Et s’il existe encore des différences culturelles importantes au sein de l’UE, les pays de l’Europe du Sud et de l’Est sont en passe de rattraper rapidement les consommateurs britanniques, allemands ou français dans l’utilisation de ces nouveaux modes de paiement.

Consciente des différences entre les Etats, la Commission cherche aussi à assurer une gouvernance flexible du système européen des paiements en privilégiant les nouveaux entrants sur le marché et les innovations technologiques sur les nouvelles façons de payer en ligne.

Nouvelle ère

L’UE reste le premier marché mondial de la vente en ligne et la directive pourrait accélérer l’atténuation rapide des différences nationales.

Selon la fédération professionnelle ECommerce, qui regroupe les entreprises du secteur de la vente en ligne, 2013 pourrait constituer un tournant pour les paiements via Smartphones ou tablettes.

« Au cours des cinq ou dix prochaines années, l’e-commerce sera présent partout dans notre vie quotidienne, les consommateurs vont s’adapter, et cette adaptation sera exponentielle », explique le président Wijnand Jongen

De son côté, le directeur général de la fédération des entreprises de la vente à distance et vice-président d’Ecommerce Marc Lolivier estime que la promotion de l’innovation et de l’entreprenariat dans la vente en ligne est avant tout liée à l’activité des « grands groupes européens qui ouvrent une nouvelle ère dans la vente interactive ».