La Finlande mise sur les petits réacteurs modulaires pour sa stratégie nucléaire

Le géant de l’énergie Fortum revoit sa stratégie avec un retour à ses origines nordiques après le fiasco de son investissement dans l’entreprise allemande Uniper.

/ EURACTIV.com
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Des petits réacteurs nucléaires sont en projet en Finlande et en Suède. [ Shutterstock/LukeOnTheRoad]

Le géant de l’énergie Fortum revoit sa stratégie avec un retour à ses origines nordiques après le fiasco de son investissement dans l’entreprise allemande Uniper.

À l’instar de ce qui se passe ailleurs en Europe, l’entreprise publique finlandaise Fortum, détenue à 51% par l’État, va « explorer les conditions préalables » aux petits réacteurs modulaires (SMR), une technologie dans laquelle les États-Unis font figure de leader.

Dans une étude de faisabilité de deux ans annoncée lundi (17 octobre), la société a déclaré qu’elle examinerait les conditions commerciales, technologiques et sociétales, politiques, juridiques et réglementaires d’une intensification du nucléaire en Finlande et en Suède.

Fortum se relève d’un investissement douloureux dans la société Uniper, que Berlin a nationalisé le mois dernier. Cette décision a été considérée à Helsinki comme une mesure inévitable et un soulagement malgré les lourdes pertes.

Fortum affirme aujourd’hui que, pour obtenir des délais de construction compétitifs et réduire les coûts, les futurs projets seront basés sur des partenariats entre des sociétés de production d’énergie nucléaire et de chauffage urbain, des fournisseurs industriels d’électricité et de chaleur, des compagnies d’électricité nucléaire et des start-ups.

Outre les réacteurs conventionnels, une attention particulière sera accordée aux petits réacteurs modulaires qui, selon Laurent Leveugle, responsable des travaux chez Fortum, « sont prometteurs en termes de transmission de l’énergie nucléaire aux générations futures ».

Les solutions liées aux petits réacteurs les plus notables déjà en cours de développement sont celles de Rolls-Royce, GE-Hitachi et Nuscale. En Finlande, l’université de technologie de Lappeenranta et le centre de recherche technique ont pour projet de construire une centrale d’une puissance de 20 à 50 mégawatts.

Obstacles réglementaires

Cependant, la législation existante est dépassée, notamment en raison de sa procédure d’autorisation, ce qui pourrait constituer un obstacle.

S’exprimant au sujet de la question et des projets de Fortum, le ministre des Affaires économiques, Mika Lintilä (centre), a déclaré qu’une législation révisée comprenant des réacteurs plus petits était en préparation.

Actuellement, environ 19% des besoins énergétiques de la Finlande sont couverts par des sources nucléaires, contre 39% en Suède.

Les petits réacteurs en Europe

En Suède, où l’énergie nucléaire suscite traditionnellement une certaine opposition, les nouveaux réacteurs bénéficieront probablement du soutien du nouveau gouvernement soutenu par l’extrême droite. La société finlandaise Fortum possède une partie des centrales nucléaires suédoises d’Oskarshamn et de Forsmark.

Parallèlement, la Finlande n’est pas seule à vouloir renforcer sa production d’énergie nucléaire. Alors qu’elle ne dispose d’aucun réacteur à ce jour, l’Estonie progresse rapidement dans ses projets de petits réacteurs. Suite à l’invasion de l’Ukraine par la Russie, la République tchèque et la Slovaquie ont également manifesté leur intérêt.

Nombre de ces investissements sont soutenus par Washington, les États-Unis étant le pays leader dans la technologie des petits réacteurs modulaires.

Une coopération nucléaire avec les États-Unis est actuellement en cours de négociation, a révélé M. Lintilä au journal Ilta-Sanomat.

La Pologne et la Roumanie collaborent actuellement avec des entreprises américaines dans le but de déployer des petits réacteurs.

La France, géant européen du nucléaire, tente toutefois de rattraper son retard. Le président Emmanuel Macron a annoncé un investissement d’un milliard d’euros dans sa recherche et son développement en octobre 2021.

Il avait également déclaré qu’il s’agissait de la « priorité numéro un de l’industrie française ».