La France aide les îles Fidji à rédiger leur contribution COP21
Les pays les plus pauvres vont bénéficier d’une aide financière de plusieurs donateurs, dont la France. L'UE songe à inciter les autres Etats membres à faire de même pour élaborer les projets de réduction d’émissions de gaz à effet de serre à l’approche de Paris Climat 2015.
Les pays les plus pauvres vont bénéficier d’une aide financière de plusieurs donateurs, dont la France. L’UE songe à inciter les autres Etats membres à faire de même pour élaborer les projets de réduction d’émissions de gaz à effet de serre à l’approche de Paris Climat 2015.
Le grand chantier de la préparation de la COP 21 est lancé dans les pays en développement. Comme l’Union européenne, les États-Unis ou le Japon, les pays du Sud doivent remettre d’ici le mois d’octobre leur contribution nationale.
Dans cette feuille de route, chacun de 195 pays participants aux négociations climatiques doit détailler ses objectifs de réduction des émissions de Co2 et ses projets d’adaptation au changement climatique.
Contributions nationales
Des documents qui doivent ensuite servir de base aux négociations climatiques qui se tiendront à Paris en décembre 2015.
Un exercice sur lequel certains pays fragiles sont attendus. En effet, les pays participants aux négociations climatiques étaient jusqu’alors divisés en deux catégories : les pays en voie de développement et les pays développés, jugés comme les principaux responsables du réchauffement climatique.
Mais depuis la conférence de Lima en décembre dernier, la différenciation entre les deux s’est estompée au profit d’une « responsabilité commune, mais différenciée ». Une responsabilité nouvelle pour les pays en développement, qui doivent maintenant produire des engagements sérieux, « même si l’on n’attend pas forcément des objectifs chiffrés en matière de réduction des gaz à effet de serre » précise Caroline Edant, experte climat à l’Agence française de développement.
Responsabilité croissante
Mais face à cette responsabilité, les pays les moins avancés ne sont pas toujours équipés. « Nous avons constaté que les pays les moins avancés ainsi que les petits États insulaires n’avaient pas la capacité de préparer seuls leur contribution nationale » explique Annick Girardin, secrétaire d’État en charge du Développement et de la Francophonie.
Et le temps presse. Les premières contributions nationales doivent être remises à partir du 31 mars, et la date limite de remise des copies a été arrêtée au mois d’octobre. Mais « le plus tôt sera le mieux » indique-t-on au ministère des Affaires étrangères, afin d’avoir le temps de la négociation.
>>Lire : COP 21 : petit manuel de gouvernance et de géopolitique du climat
Faiblesse ou absence de données sur les émissions de Co2, manque d’expertise sur le changement climatique ou manque de ressources, les freins sont nombreux dans les États fragiles. Plusieurs bailleurs internationaux se sont donc mobilisés pour fournir financements et expertise.
Petits État insulaire et pays africains prioritaires
En France, 3,5 millions d’euros ont été débloqués via l’Agence française de développement. Cette facilité financière doit aider une vingtaine de pays pauvres à élaborer leur contribution, notamment en apportant une expertise technique et humaine aux pays demandeurs via Expertise France, l’agence française d’expertise technique internationale.
« L’idée est de répondre aux pays, principalement les petits pays insulaires et les pays africains, qui en font la demande » indique une source au Quai d’Orsay. Pour l’heure, le Burkina Fao, la République Démocratique du Congo ou encore les îles Fidji font partie des premiers pays participants.
>>Retrouvez le dossier spécial : La route vers Paris Climat 2015
Pour l’heure, environ 20 pays en développement ont déposé des demandes pour profiter du dispositif français. « Mais s’il y a des besoins complémentaires, nous pourrons éventuellement aller au-delà de l’enveloppe de 3,5 millions », souligne-t-on dans l’entourage d’Annick Girardin.
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Les objectifs sont triples. «Il faut faire un diagnostic de la situation et des besoins des pays, puis formaliser le plan d’action comprenant la baisse des émissions de gaz à effet de serre et les projets d’adaptation au changement climatique et enfin rédiger les contributions » détaille Caroline Edant, experte climat à l’AFD.
« À partir de mi-avril, les premiers experts devraient être déployés sur le terrain, pour des missions de 4 à 6 mois » confirme Nicolas Drunet d’Expertise France.
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Pour faire avancer la lourde machine des négociations climatiques, la France n’est pas la seule à avoir misé sur une aide ponctuelle au pays du Sud. « L’Allemagne est également très active sur le sujet » souligne Nicolas Drunet.
L’Union européenne travaille elle aussi au développement d’un appui en faveur des pays les moins avancés.
« La Commission européenne envisage en effet de proposer aux États membres d’offrir une aide supplémentaire aux pays en développement pour la préparation de leur contribution nationale », souligne un porte-parole de l’exécutif européen.
« Toutefois, aucune décision n’a été prise. Nous ne pouvons donc pas dévoiler de montants potentiels ou de détails » a-t-il ajouté.