La France appelle à un sommet européen spécial sur la Libye

Hier (27 février), lors d'un discours télévisé annonçant le remaniement de son gouvernement, le président français, Nicolas Sarkozy, a déclaré que Paris demandait un sommet européen pour discuter des conséquences des évènements en Libye. Dans le même temps, le bloc a adopté des sanctions contre Mouammar Kadhafi et ses partisans lundi.

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Hier (27 février), lors d'un discours télévisé annonçant le remaniement de son gouvernement, le président français, Nicolas Sarkozy, a déclaré que Paris demandait un sommet européen pour discuter des conséquences des évènements en Libye. Dans le même temps, le bloc a adopté des sanctions contre Mouammar Kadhafi et ses partisans lundi.

M. Sarkozy a déclaré que l’Europe devait adopter « une stratégie commune face à la crise libyenne, dont les conséquences pourraient être significatives pour la stabilité de l’ensemble de la région ».

« Nous savons quelles pourraient être les conséquences de telles stratégies sur les flux migratoires incontrôlables et le terrorisme », a-t-il expliqué.

Nicolas Sarkozy a appelé l’Europe « à s’équiper sans attendre de nouveaux instruments voués à promouvoir l’éducation et la formation des jeunes dans les pays du sud de la Méditerranée ». Il a également demandé l’établissement d’une « politique économique et commerciale » dans la région.

Paralysie de l’Union pour la Méditerranée

Au fil de son discours, Nicolas Sarkozy a également appelé à une « re-fondation » de l’Union pour la Méditerranée (UPM), un projet lancé en 2008 lors de la présidence française de l’UE.

La nouvelle union devrait « permettre aux peuples de la Méditerranée de construire un destin commun », a déclaré M. Sarkozy. Depuis son lancement en juillet 2008, l’UPM s’est heurtée à de sérieuses difficultés institutionnelles et politiques.

L’organisation, qui comprend 43 pays dont 27 membres de l’UE, est paralysée par le conflit israélo-palestinien. Deux ans après le sommet fondateur de l’organisation à Paris, les dirigeants des pays de l’UPM devaient se rencontrer en juin 2010. Ils l’ont finalement reporté pour une durée indéfinie.

L’évolution la plus récente : la démission du secrétaire général de l’UPM à la fin du mois de janvier. Le Ahmad Massa’deh, un quotidien jordanien, a justifié son départ indiquant que les conditions selon lesquelles il avait accepté le poste avaient changé.

L’un des objectifs du discours de M. Sarkozy était d’annoncer un remaniement du gouvernement français, avec le remplacement de Michèle Alliot-Marie par le vétéran en politique Alain Juppé au poste de ministre des affaires étrangères.

Un scandale grandissant impliquant Mme Alliot-Marie pour ses liens avec le régime évincé a finalement mené à sa démission, dimanche.

Embargo sur les armes

Lundi (28 février), l’UE a officiellement adopté des sanctions contre le régime du dictateur libyen, Mouammar Kadhafi.

La responsable des affaires étrangères de l’UE, Catherine Ashton, a accueilli la décision du Conseil de sécurité des Nations unies, prise pendant le week-end, d’imposer une interdiction de voyager et de geler les actifs à l’encontre du dirigeant Mouammar Kadhafi, de sa famille et de ses associés, et affirmé que l’UE « assurerait une mise en œuvre rapide » de ces mesures.

Une source diplomatique a confié à EURACTIV.fr que la rupture des relations économiques, comme initialement proposée par la France, ne faisait pas partie des options envisagées par le Conseil.

La porte-parole de Mme Ashton, Maja Kociajancic, a déclaré que les mesures de l’UE comprendraient un embargo sur l’équipement qui pourrait être utilisé à des fins de répression interne, ainsi que des décisions supplémentaires concernant l’interdiction de voyager et le gel des actifs.

EURACTIV.fr a demandé si l’UE avait rencontré des difficultés à imposer une zone d’exclusion aérienne, destinée à éviter que le régime de M. Kadhafi n’envoie des mercenaires pour attaquer la population par voie aérienne. M. Kocijancic a répondu que c’est le Conseil de sécurité des Nations unies qui étaient compétent sur ces questions.

La porte-parole de Mme Ashton a également donné une réponse élusive sur la manière dont l’UE imposerait son embargo sur les armes.

Un traité signé entre l’Italie et la Libye en 2008 contient une clause de non-agression qui, selon les analystes, compliquerait la position de l’Italie dans le cas d’une intervention militaire en Libye.

Le traité appelle l’Italie à payer 5 milliards d’euros sur 20 ans à la Libye en réparation de son passé colonialiste. En retour, la Libye promet de bloquer le flux d’immigrés illégaux vers l’Italie et accorde un traitement favorable aux entreprises italiennes souhaitant travailler en Libye.

Alors que les agences de presse ont rapporté qu’un gouvernement intérimaire avait été mis en place à Benghazi et dans d’autres régions contrôlées par les forces anti-Kadhafi, M. Kocijancic a affirmé que l’UE tentait d’entrer en contact avec la nouvelle autorité.