La France hésitante sur l’adhésion de la Croatie
L’adhésion de la Croatie à l’Union européenne fait toujours débat. Certains pays comme la France veulent éviter tout nouvel élargissement prématuré.
L’adhésion de la Croatie à l’Union européenne fait toujours débat. Certains pays comme la France veulent éviter tout nouvel élargissement prématuré.
La candidature croate traine depuis plusieurs années sur le bureau de la Commission européenne.
Le non irlandais de 2008 au Traité de Lisbonne l’avait reléguée au second plan. A l’époque, des pays comme la France ou l’Allemagne avaient déclaré qu’aucun nouvel État n’entrerait dans l’UE avant la réforme institutionnelle.
Les droits fondamentaux
Le Traité de Lisbonne est en place depuis 2009. Mais cela n’a rien changé pour la Croatie. Les négociations autour de son adhésion n’ont toujours pas abouti, 5 sur 35 chapitres restent ouvert.
Parmi les sujets d’inquiétude, les dossiers des droits fondamentaux, de la réforme de la justice et de la lutte contre la corruption. Zaghreb aurait encore d’énormes progrès à réaliser.
Enjeux nationaux
Si aucun pays ne remet en cause la légitimité de la Croatie à adhérer à l’UE prochainement, les calendriers internes de chacun provoquent des désaccords.
Les Hongrois voudraient boucler les négociations avant la fin de leur présidence de l’UE et ainsi en tirer un certain bénéfice. Mais, de son côté, la France souhaiterait reporter la décision à l’été, pour que cela « passe inaperçu », selon l’AFP.
Les élargissements successifs et massifs des années 2000 ont rendu toute nouvelle adhésion impopulaire dans les opinions publiques.
Maintenir la pression
Les cas bulgare et roumain ont aussi échaudé certains responsables politiques. Ces deux pays s’étaient engagés à maintenir leurs efforts de réforme après leur adhésion mais, quatre ans plus tard, les résultats se font attendre. A tel point que Paris et Berlin s’opposent actuellement à leur intégration à l’espace Schengen.
Pour éviter que cela ne se reproduise, la France est favorable à la mise en place d’un mécanisme de surveillance entre la fin des négociations et l’adhésion effective du pays, qui dans le plus optimiste scénario ne devrait pas devenir membre de plein droit avant un ou deux ans.