La France insoumise cherche à se défendre après le dérapage de Danièle Obono
Le parti de Jean-Luc Mélenchon est à nouveau dans la tourmente après les propos controversés de la députée Danièle Obono, attaquée en justice pour « apologie du terrorisme » après avoir qualifié le Hamas de « mouvement de résistance ».
Le parti de Jean-Luc Mélenchon est à nouveau dans la tourmente après les propos controversés de la députée Danièle Obono, attaquée en justice pour « apologie du terrorisme » après avoir qualifié le Hamas de « mouvement de résistance ».
Interrogée sur Sud Radio sur le fait de savoir si le Hamas était un « mouvement de résistance », la députée LFI de Paris Danièle Obono a répondu mardi (17 octobre) par l’affirmative, en déclarant que « c’est un groupe politique islamiste qui a une branche armée, qui a pour objectif la libération de la Palestine et qui résiste à une occupation [de la part de l’État d’Israël] ».
Le cas a été signalé à la justice par le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin pour « apologie du terrorisme ». L’association Jeunesse française juive a également déposé une plainte, sur la même base juridique.
Les réactions politiques ont été très vives et immédiates, à droite et dans la majorité présidentielle évidemment, mais aussi dans les rangs de la gauche et de La France insoumise.
Dans une publication postée plus tard sur ses réseaux sociaux, Mme Obono a expliqué que ses propos n’étaient « ni une excuse, ni un soutien, ni une caution pour ces crimes de guerre abjects contre les civils israéliens ».
Le mouvement de Jean-Luc Mélenchon a tout de même été sommé de s’expliquer sur la position exprimée par la députée.
Une partie de LFI a expliqué que Mme Obono n’avait pas affirmé que le Hamas était un « mouvement de résistance », mais que « certains le voient comme un mouvement de résistance ».
Au nom du parti de gauche radicale, le député Arnaud Le Gall a ensuite précisé que « le Hamas n’est pas un mouvement de résistance, il est le produit de décennies de guerre, mais également d’une certaine politique du gouvernement d’extrême droite israélien ».
Plusieurs députés LFI se sont d’ailleurs empressés d’expliquer à la presse que le groupe était « unanime » dans le fait d’affirmer que les propos de Mme Obono n’étaient pas partagés.
Dès lors, certains dans le parti récusent formellement les déclarations faites par Danièle Obono : Alexis Corbière, Clémentine Autain, François Ruffin ou encore Raquel Garrido ont exprimé publiquement leur mécontentement.
Plus généralement, ils critiquent la ligne tenue par Jean-Luc Mélenchon depuis maintenant une dizaine de jours. LFI parle par exemple d’« actes de terreur » voire parfois d’« actes terroristes », mais qui ne qualifie pas le Hamas d’« organisation terroriste ». « Les voix de La France insoumise manquent à la condamnation unanime de la barbarie terroriste », a déploré la Première ministre Elisabeth Borne, en attaquant le parti de gauche radicale : « Vous vous excluez du champ républicain », a-t-elle lancé.
Face à la presse mardi à l’Assemblée nationale, Mme Garrido a fait état de la « frustration » de plusieurs membres et militants de LFI, y compris certains qui ne l’auraient pas fait publiquement, appelant la direction du parti à « reconnaître ses erreurs » dans ses réactions à l’attaque du Hamas.
Le communiste Fabien Roussel a qualifié d’« insupportables » les propos de Mme Obono. « Ces déclarations scandaleuses rendent invisibles et inaudibles nos positions sur le cessez-le-feu, sur le siège de Gaza, la solution à deux États », a abondé dans le même sens Olivier Faure, Premier secrétaire du Parti socialiste.