La France veut lutter contre la pauvreté en tenant compte de l'environnement

Le ministre du Développement Pascal Canfin se rend à New York, jeudi 14 mars, pour débattre de l’agenda post-2015 en matière de développement durable.

EURACTIV.fr

Le ministre du Développement Pascal Canfin se rend à New York, jeudi 14 mars, pour débattre de l’agenda post-2015 en matière de développement durable.

Définis en 2000, les Objectifs du Millénaire pour le développement doivent être atteints en 2015. Pour la suite, certains imaginent déjà un agenda universel qui réunisse les pays pauvres comme les pays riches autour d’objectifs communs : la lutte contre la pauvreté, la réduction des inégalités, mais aussi le respect de l’environnement et des droits de l’homme. C’est l’ambition de l’Union européenne et des pays du Sud les plus progressistes. 

Mais aussi de la France, qui profite du début des négociations internationales pour se placer aux avant-postes de cette convergence. C’est dans cet esprit que le ministre du Développement Pascal Canfin participe à une première réunion de travail entre 70 pays du Nord et du Sud, jeudi 14 mars, à New York.

Focalisée sur le développement durable, conformément aux engagements pris à Rio, en juin 2012, cette rencontre permettra d’alimenter le rapport final du secrétaire général Ban-Ki Moon sur les prochains objectifs du développement, présenté en septembre prochain à New York. 

Position décisive des émergents

Mais si les pays moins développés ou de stature régionale (Nigéria, Indonésie, Mexique) sont très allants sur la soutenabilité du développement, les grands pays émergents, tels la Chine l’Inde, ou le Brésil restent à convaincre. Soucieux de maintenir leur croissance, ils sont réticents à s’engager dans la protection de l’environnement. 

Or, leur appui est « essentiel », affirme Stephan Klingebiel, chercheur au German Development Institute.

Ces négociations demanderont donc beaucoup de doigté de la part des pays développés. Contraints par leurs budgets à ne plus augmenter leur aide publique au développement, ils doivent focaliser l’aide sur les pays qui en ont le plus besoin.

Mais, l’objectif en sous-main est de faire participer davantage les émergents à l’effort de solidarité internationale. Or, ces derniers, aujourd’hui à la fois donateurs et receveurs d’aide au développement, ont leur mot à dire dans ce débat. Cette « double identité » est « délicate à gérer », reconnaît Stephan Klingebiel.

« Copenhague-sur-Seine »

Toutefois, au fil de ses déclarations en matière de politique de développement, François Hollande affirme un positionnement clair en faveur des énergies propres et renouvelables.  

Pour que les négociations internationales ne se résument plus au partage des fardeaux, l’enjeu est aujourd’hui de « créer un imaginaire positif en termes de technologies et de financement », et d’en souligner « les bénéfices », a expliqué Pascal Canfin à la commission du développement durable de l’Assemblée nationale, mardi 12 mars. 

A l’annonce, par la France, de l’organisation d’une conférence sur le climat en 2015 à Paris, les Chinois raillaient encore un « Copenhague-sur-Seine ». Une blague d’initiés qui rappelle aux pays occidentaux qu’il faudra cette fois-ci abandonner leurs positions tranchées et moralisatrices sur le développement durable.