La gauche européenne soutient le «compromis Juncker »
La « courte victoire » du Parti populaire européen aux européennes fait de Jean-Claude Juncker le candidat naturel de la Commission européenne, selon les représentants socialistes.
La « courte victoire » du Parti populaire européen aux européennes fait de Jean-Claude Juncker le candidat naturel de la Commission européenne, selon les représentants socialistes.
Les sociaux-démocrates européens se sont réunis à Bruxelles pour dresser un premier bilan public de l’état de la gauche après les élections européennes de mai 2014.
Au cours de la réunion organisée au siège de la Fondation européenne d’études progressistes (FEPS), les responsables socialistes ont indiqué que malgré une « courte victoire » du Parti populaire européen (PPE), Jean-Claude Juncker était le candidat naturel à la présidence de la Commission.
« Le début de la démocratie européenne »
« Pour la première fois, ce ne sont pas les gouvernements nationaux qui soutiennent [un candidat à la présidence de la Commission], mais la population et le Parlement européen », a assuré Massimo D’Alema, le directeur de la FEPS.
« Ce n’est que le début. Même si cela ne ressemble peut-être pas à un début brillant, il s’agit du début de la démocratie européenne. Si nous nous arrêtons là, plus aucun candidat ne se présentera de nouveau. », a-t-il mis en garde, présentant Jean-Claude Juncker comme « l’homme du compromis » :
« Jean-Claude Juncker est un leader européen, il est en mesure de faire des compromis. […]Vous constaterez que les évènements à venir dépendront de l’équilibre des forces en fin de compte. »
La gauche, une force mondiale
De manière générale, les socialistes n’estiment pas que les élections européennes soient un échec pour leur camp. Selon eux, leur position est d’ailleurs renforcée au niveau européen.
« Au Parlement européen, le PPE et l’ADLE ont perdu 90 sièges au total », a poursuivi Massimo D’Alema. « Si nous prenons en compte les Verts et la Gauche européenne, la droite et la gauche ont plus ou moins le même poids au Parlement européen. Même principe pour le Conseil : en 2009, les socialistes étaient hors des gouvernements. Aujourd’hui, nous avons douze premiers ministres et si nous y ajoutons les coalitions gouvernementales, les socialistes et les progressistes sont au pouvoir dans 16 États membres », a-t-il souligné.
Selon lui, la vision « dogmatique et rigide » de l’austérité « devra laisser la place à une vision et à des engagements plus flexibles sur la croissance et l’emploi ».
Ces engagements doivent encore être traduits en « termes concrets ». Selon lui, il faut tirer profit des secteurs de l’énergie et de l’industrie afin de créer plus d’emplois sur le continent. Il plaide également en faveur d’une « réelle plateforme mondiale », qui « ne se limite pas aux politiques », mais qui mette en avant la véritable pensée progressiste vis-à-vis des défis à l’échelle mondiale.
Pascal Lamy, ancien directeur général de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), ? souligne quant à lui la nécessité de « mettre en place une plateforme mondiale qui permettra de formuler une véritable critique intellectuelle du capitalisme comme nous le connaissons […], nous n’avons rien de convaincant jusqu’à présent. »
Les socialistes souhaitent promouvoir la coopération mondiale avec toutes les régions dans le monde, mais les États-Unis demeurent un partenaire privilégié. En outre, le partenariat transatlantique de commerce et d’investissement (TTIP) est la « pierre angulaire de cette relation », selon Pascal Lamy.
Il a ajouté « qu’il valait mieux avoir un marché de 800 millions de personnes qu’un de 400 millions ». Il s’agit toutefois d’un thème politique « sensible » par rapport à la protection des consommateurs.