La gauche néerlandaise à la recherche d'unité sur la situation en Israël et en Palestine
Les partis travailliste (PvdA/S&D) et vert (GL/EU Greens) néerlandais ont tenté de faire preuve d’unité lors de leur conférence commune samedi (14 octobre), après que des fractures sont apparues suite à des réactions divergentes à la guerre entre Israël et le Hamas.
Les partis travailliste (PvdA/S&D) et vert (GL/EU Greens) néerlandais ont tenté de faire preuve d’unité lors de leur conférence commune samedi (14 octobre), après que des fractures sont apparues suite à des réactions divergentes à la guerre entre Israël et le Hamas.
La conférence des partis a eu lieu à l’approche des élections nationales du mois prochain, au cours desquelles les deux partis présenteront une liste commune menée par l’ancien responsable européen du climat, Frans Timmermans, qui a quitté Bruxelles en juillet pour briguer le poste de Premier ministre des Pays-Bas.
Avant le Congrès des deux partis, 102 membres avaient déposé une motion demandant à leurs dirigeants de s’abstenir de critiquer sévèrement les attaques du Hamas tout en adoptant une position plus critique à l’égard d’Israël.
Cependant, après concertation avec le groupe, les dirigeants des partis sont parvenus à réécrire la motion en mettant l’accent sur la situation humanitaire en Palestine tout en continuant à condamner les attaques terroristes.
« Nous avons travaillé sur un texte que nos amis de gauche tant en Israël qu’en Palestine peuvent soutenir », a déclaré l’eurodéputée travailliste Kati Piri à propos de la motion.
La motion finale, amendée, appelle le gouvernement néerlandais à « […] promouvoir des initiatives internationales et régionales pour la désescalade, l’accès humanitaire, la prévention d’une spirale négative de la violence, la fin de l’occupation illégale de la Cisjordanie et la recherche d’une paix durable par le biais d’une solution juste à deux États avec des droits égaux pour l’ensemble des populations ».
En fin de compte, la motion a été adoptée à une écrasante majorité, avec 96 % de votes favorables.
Les tensions entre les deux partis reflètent des tendances similaires au sein d’autres groupes de gauche européens. La semaine dernière, le Parti socialiste français a annoncé la suspension temporaire de sa participation à l’alliance de gauche NUPES en raison de son mécontentement à l’égard de la réaction de La France insoumise (LFI) aux attentats perpétrés par le Hamas. Les communistes français ont appelé dimanche à lancer une alliance alternative à celle guidée par LFI.
Aux Pays Bas, la tête de liste du parti travailliste, M. Timmermans, qui a récemment fait l’objet de critiques pour sa réaction aux attaques du Hamas, a évité de soutenir l’une ou l’autre des parties impliquées dans le conflit, préférant se concentrer sur les retombées humanitaires de la crise.
« Nous devons continuer à naviguer entre les extrêmes dans un conflit fortement dicté par des émotions qui semblent instinctivement éternelles. Mais laissons les trois mots suivants nous atteindre profondément […] : des enfants meurent », a-t-il déclaré lors du congrès.
M. Timmermans a précisé ses remarques dans une interview accordée à l’émission de télévision néerlandaise Buitenhof dimanche (15 octobre), en déclarant : « Israël doit avoir notre garantie de pouvoir vivre en sécurité à l’intérieur de ses frontières, et la Palestine doit avoir notre garantie d’avoir la perspective d’un État ».
L’ancien responsable des questions climatiques de l’UE a également critiqué l’incapacité de l’Union européenne à anticiper une éventuelle reprise du conflit.
« Tout le monde, y compris l’Union européenne, pensait que la situation n’avait jamais été aussi sûre dans cette région. […] Nous nous sommes endormis, et le Hamas en a profité, et de la manière la plus horrible qui soit » , a déclaré M. Timmermans.
Une législatrice verte se retire de la liste des candidats
Malgré les tentatives de réconciliation entre les deux partis, la députée des Verts Kauthar Bouchallikht a retiré sa candidature aux prochaines élections, se plaignant que son parti n’avait pas pris en compte le contexte du conflit israélo-palestinien.
Cette « ‘guerre’ n’a pas commencé soudainement, elle dure depuis 75 ans. L’heure est venue de replacer le conflit dans son contexte. Et ce contexte ne se traduit pas par la négation des actes horribles perpétrés par le Hamas le week-end dernier. Le contexte, c’est reconnaître d’où ils viennent, à savoir des actions du gouvernement israélien, et ce même contre la volonté de nombreux Israéliens et juifs », a-t-elle expliqué dans un post sur Instagram, ajoutant : « Ce n’est plus le parti pour lequel je veux être députée ».
La liste commune des travaillistes et des verts obtiendrait, selon les projections actuelles, 24 sièges, à la troisième place derrière le VVD (Renew) du Premier ministre sortant Mark Rutte (avec 26 sièges) et le nouveau venu NSC (avec 28 sièges), dirigé par le député Pieter Omtzigt, de tendance chrétienne-démocrate.