La Hongrie de Viktor Orban, le gouvernement le plus "stable" de l'UE
La Hongrie, où le parti de Viktor Orban Fidesz est au pouvoir sans interruption depuis 2010, est le gouvernement le plus « stable » de l’UE, selon une nouvelle analyse publiée vendredi.
La Hongrie, où le parti de Viktor Orban, Fidesz, est au pouvoir sans interruption depuis 2010, est le gouvernement le plus « stable » de l’UE, selon une nouvelle analyse publiée vendredi (23 septembre).
Les données recueillies par Pantarhei, une société de conseil en gestion basée à Vienne, placent la Hongrie en tête de son « indice d’instabilité de l’UE », suivie de Chypre, de la Lituanie, du Luxembourg et de l’Allemagne.
L’Espagne, la Bulgarie et l’Italie, qui ont toutes connu une combinaison de coalitions faibles et de changements réguliers de gouvernement au cours des dernières années, sont classées comme les plus volatiles dans leur « indice d’instabilité de l’UE ».
Cet indice se fonde principalement sur le nombre de partis présents au gouvernement et sur le nombre de changements d’administration intervenus au cours des deux derniers mandats parlementaires.
La domination politique d’Orban en Hongrie a vu son parti remporter des majorités décisives, avec deux tiers du parlement lors des quatre dernières élections générales, consolidant ainsi son modèle de démocratie illibérale.
Cependant, la semaine dernière, le Parlement européen a approuvé une résolution affirmant que la Hongrie était devenue un « régime hybride d’autocratie électorale » et ne pouvait plus être considérée comme une démocratie à part entière.
Par ailleurs, l’analyse de Pantarhei suggère que les gouvernements de l’ensemble de l’Union européenne ont des difficultés à assurer un mandat complet. « Cela a mené à un état de fluctuation qui semble permanent, les partis étant presque constamment en mode électoral. Et cela limite leur capacité à donner des réponses aux questions politiques importantes et urgentes », indique le rapport.
Le rapport souligne qu’il y a eu des changements de gouvernement dans 21 des 27 États membres de l’UE au cours des deux dernières législatures, dont quatre en Bulgarie, six en Autriche et en Italie et sept en Roumanie.
L’instabilité politique croissante dans l’Union européenne a vu la montée des partis nationalistes et populistes de droite et de gauche et l’effondrement du soutien aux partis modérés.
Les élections anticipées qui se tiendront en Italie dimanche 25 septembre devraient confirmer cette tendance. Le parti d’extrême droite Frères d’Italie, dirigé par Giorgia Meloni, est à la tête des sondages. Cependant, on ne sait pas si et comment il serait en mesure de former un gouvernement.
« L’ère des grands partis et des conditions politiques claires qui en résultent dans les États membres de l’UE semble être révolue », déclare Pantarhei, ajoutant que « les coalitions comprenant trois partis ou plus sont devenues la nouvelle normalité. »
Dans ce contexte, les élections européennes de 2024 devraient constituer un autre test de résistance pour les partis de l’establishment, étant donné que les partis d’extrême droite et nationalistes devraient réaliser des gains importants aux dépens du PPE de centre-droite, des Socialistes et Démocrates (S&D) et de Renew Europe.
Selon l’analyse de Pantarhei, l’instabilité croissante des gouvernements nationaux a eu un impact sur le processus décisionnel de l’UE. En effet, les propositions peuvent plus facilement être bloquées par les États membres, mais il est plus difficile pour le Conseil des ministres de parvenir à des positions communes, laissant l’initiative politique à la Commission européenne.
Gilbert Rukschcio, associé directeur de Pantarhei, a expliqué à EURACTIV que le mode de gouvernement en Europe a beaucoup changé récemment, devenant plus fragmenté et volatile. Cela impacte notamment la capacité du Conseil à prendre des décisions politiques fondamentales.
Le fait que la Commission européenne et le Parlement soient liés par des mandats fixes de cinq ans contribue également à leur stabilité et à leur influence politique.