La Hongrie oppose son veto à l’aide financière européenne à l’Ukraine
Dans une tentative de débloquer les fonds européens qui lui sont destinés, le gouvernement hongrois a opposé son veto à une proposition visant à fournir une assistance macrofinancière supplémentaire à l’Ukraine au cours d’une réunion des ministres européens des Finances mardi.
Dans une tentative de débloquer les fonds européens qui lui sont destinés, le gouvernement hongrois a opposé son veto à une proposition visant à fournir une assistance macrofinancière supplémentaire à l’Ukraine au cours d’une réunion des ministres européens des Finances à Bruxelles mardi (6 décembre).
La Commission européenne est en train d’examiner les différentes manières de fournir l’assistance macrofinancière de 18 milliards d’euros qu’elle avait proposée en novembre de cette année afin de soutenir les finances du gouvernement ukrainien.
Le pays est confronté à de fortes pressions et doit préserver les infrastructures publiques en même temps que résister à l’invasion russe. De plus, son économie s’étant fortement contractée, les recettes fiscales ne suffisent pas à financer les dépenses publiques.
Au cours de la réunion, le gouvernement hongrois a néanmoins déclaré qu’il n’était « pas favorable » au règlement qui aurait permis à l’UE de poursuivre l’octroi de l’aide financière.
Comme la proposition doit être adoptée à l’unanimité, le paquet d’aide financière reste bloqué pour le moment.
Le gouvernement hongrois a bloqué l’aide financière à l’Ukraine ainsi qu’une directive européenne visant à mettre en œuvre le taux d’imposition mondial minimum sur les sociétés afin de faire pression sur l’UE pour qu’elle lui verse des fonds européens.
La Commission européenne a proposé à plusieurs reprises de geler les fonds européens destinés à la Hongrie dans le cadre du mécanisme de protection de l’État de droit jusqu’à ce que le gouvernement hongrois mette en œuvre une série de réformes en matière de gouvernance et d’État de droit.
Zbyněk Stanjura, ministre tchèque des Finances, qui a présidé la réunion des ministres européens des Finances, a confié aux journalistes après la réunion que, pour lui, « l’aide macrofinancière à l’Ukraine, le plan national pour la reprise et la résilience de la Hongrie et la directive [sur l’impôt minimum] constituent un seul et même paquet ».
Mardi (7 décembre), les ministres européens des Finances ont également discuté de la proposition de la Commission de maintenir le gel d’une partie des fonds européens destinés à Budapest.
Dans le but manifeste de répondre aux demandes du gouvernement hongrois, les ministres des Finances du bloc ont demandé à l’exécutif européen de réexaminer l’évolution de la situation en Hongrie et d’actualiser sa proposition.
Le vice-président exécutif de la Commission européenne, Valdis Dombrovskis, a répondu à cette demande en disant que « le délai proposé par la présidence est extrêmement court ».
« Il est difficile de fournir une évaluation de qualité en quelques jours, mais la Commission agira de manière constructive et nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir », a-t-il dit.
En parallèle, la Commission est en train d’examiner les différentes manières de fournir l’assistance macrofinancière à l’Ukraine sans qu’elle doive être approuvée par le gouvernement hongrois.
« L’Ukraine est un pays en guerre qui a désespérément besoin de notre soutien et nous ne pouvons pas permettre à un État membre de repousser et de compromettre ce soutien financier », a expliqué M. Dombrovskis.
« Nous devons la fournir d’une manière ou d’une autre, et nous allons y arriver. »
Lors de précédentes tentatives de parvenir à un consensus sur l’assistance macrofinancière, les États membres avaient déjà eu des difficultés à se mettre d’accord. Des 9 milliards d’euros proposés en mai de cette année, les États membres n’ont pu se mettre d’accord que sur 6 milliards d’euros. Le reste a été redistribué dans la proposition de 18 milliards d’euros pour l’année prochaine.
Cette absence d’aide financière est dangereuse pour le gouvernement ukrainien, car celui-ci doit faire marcher la planche à billets pour financer ses opérations, ce qui peut avoir pour conséquence une forte inflation.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]