La lutte contre l'évasion fiscale pourrait financer l'éducation dans les pays du Sud
Un nouveau rapport de l’UNESCO suggère que le financement de l’éducation doit passer par une évolution des pratiques fiscales dans les pays en voie de développement. La luttre contre l'évasion fiscale doit être un des piliers de la réforme.
Un nouveau rapport de l’UNESCO suggère que le financement de l’éducation doit passer par une évolution des pratiques fiscales dans les pays en voie de développement. La luttre contre l’évasion fiscale doit être un des piliers de la réforme.
Le financement de l’éducation dans les pays pauvres ou en développement doit passer par l’augmentation des recettes fiscales selon un nouveau rapport de l’UNESCO.
Si les gouvernements de 67 pays à revenu faible et intermédiaire augmentaient légèrement leur effort fiscal et consacraient un cinquième de celui-ci à l’éducation, 153 milliards de dollars pourraient être débloqué et dédiés à l’éducation en 2015, d’après le rapport de l’UNESCO.
Plusieurs pays ont en effet connu une croissance économique plus importante, sans que les bénéfices de cette croissance n’aient été équitablement répartis, et l’éducation en a particulièrement pâti.
« L’économie du Nigéria a augmenté d’au moins 5 % par an depuis 2003, mais le taux net de scolarisation a chuté, il est passé de 61 % en 1999 à 58 % en 2010 » indique le rapport de l’UNESCO.
Augmenter les dépenses publiques allouées à l’éducation
L’UNESCO considère qu’il est vital de mettre en place une nouvelle fiscalité et des politiques budgétaires pour permettre à tous d’avoir accès à l’éducation.
« Les gouvernements devraient au moins consacrer 6 % de leur produit national brut (PNB) à l’éducation. Ils devraient aussi dédier 20 % de leur budget global à l’éducation. Ces cibles devraient être inscrites dans les objectifs du millénaire pour l’éducation après 2015 », précise le rapport.
>> Lire aussi Irina Bokova : « l’éducation garantit la normalité pour des millions de Syriens»
Les pays doivent allouer 20 % de leur PNB en impôts pour atteindre les objectifs du Millénaire d’après l’UNESCO, pourtant les pays qui parviennent à réunir de telles ressources sont rares.
« Sur les 67 pays disposant de données sur leurs recettes fiscales en part du PNB, ainsi que sur l’affectation des recettes publiques à l’éducation, ils ne sont que 7 à atteindre le seuil de 20 % », indique le rapport.
Plus problématique encore, le rapport de l’Unseco montre que les impôts collectés sont souvent insignifiants, et l’éducation en est la première victime. L’exemple du Pakistan est édifiant: les recettes fiscales dans ce pays ne représentent que 10 % du PNB, et l’éducation ne reçoit environ que 10 % des dépenses publiques.
À titre de comparaison, alors que les recettes fiscales des pays à revenu élevé, principalement en Amérique du Nord et en Europe occidentale, ont représenté 27 % du PNB en 2011, celles de l’Afrique subsaharienne n’ont représenté que 18 % du PNB, selon le rapport.
Lutter contre l’évasion fiscale
Selon le rapport, les pays à faibles revenus se privent souvent des recettes de l’impôt sur les sociétés, en accordant des exonérations fiscales.
« Dans une grande partie de l’Afrique subsaharienne, elles peuvent représenter l’équivalent de 5 % du PNB. En République-Unie de Tanznie, les exonérations fiscales représentaient l’équivalent de 4 % du PNB entre 2005 et 2006 et entre 2007 et 2008. Si ces impôts avaient été collectés, ils auraient procuré 40 % de ressources supplémentaires pour l’éducation » détaille le rapport.
L’évasion fiscale est également l’une des raisons qui expliquent les faibles montants alloués à l’éducation.
Le « Tax Justice Network » estime qu’entre 21 trillions et 32 trillions de dollars sont dissimulés par des particuliers dans les paradis fiscaux. Selon Oxfam, les pays du Sud sont les principales victimes des flux financiers illicites.
>> Lire l’interview de Catherine Olier, d’Oxfam : il faut renforcer les administrations fiscales des pays du Sud
« La taxation à 30 % de la plus-value de ces capitaux générerait des recettes de l’ordre de 190 milliards à 280 milliards de dollars par an. Si 20 % de ces recettes étaient affectées à l’éducation, cela renforcerait le financement du secteur d’un montant compris entre 38 milliards et 56 milliards de dollars » selon le Tax Justice Network.