La lutte contre le sida en danger, alors que Macron devrait sécher le sommet de Johannesburg

Emmanuel Macron devrait ne pas se rendre à la Conférence de reconstitution du Fonds mondial de lutte contre le VIH, le paludisme et la tuberculose, qui doit se tenir le 21 novembre à Johannesburg, en marge du sommet du G20 en Afrique du Sud.

Euractiv France
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Selon deux participants à la dernière réunion de préparation du voyage, tenue lundi 17 novembre à l’Élysée, ce déplacement ne tomberait pas « au bon moment », alors que la France se préparerait à couper drastiquement sa contribution financière à l’organisation.

« C’est un choix politique, qui va mettre la vie de millions de gens en danger », explique Gautier Centlivre, coordinateur plaidoyer pour l’ONG Action Santé Mondiale.

Depuis son arrivée au pouvoir en 2017, le président français avait pourtant fait de la lutte contre le VIH, le paludisme et la tuberculose l’une de ses priorités. Lors de la Conférence de 2019 à Lyon, Emmanuel Macron avait usé de son poids politique pour pousser les donateurs internationaux à atteindre l’objectif de 12 milliards d’euros de donations.

En 2022, la contribution financière de la France au Fonds avait atteint 1,6 milliard d’euros pour un montant total collecté de 13,5 milliards, faisant de Paris le second donateur mondial derrière les États-Unis.

Pour Florence Giard, directrice de Coalition PLUS, un réseau de 110 associations internationales de lutte contre le sida, il est tout simplement « ahurissant » que le président français pratique « la politique de la chaise vide », alors même que ce dernier sera vendredi 21 novembre en Afrique du Sud, un pays où « un adulte sur huit est séropositif ».

Cette annonce intervient alors que les premiers engagements financiers pris en amont de la réunion de vendredi sont jugés « extrêmement préoccupants » par Médecins sans frontières. L’Allemagne devrait faire passer sa contribution de 1,3 à 1 milliard d’euros et le Royaume-Uni de 1,1 milliards à 960 millions d’euros.

L’objectif affiché est pour l’heure de réunir 15,5 milliards d’euros, pour sauver 23 millions de vies d’ici 2029. Plus de 70 millions de décès auraient été évités depuis la création du Fonds en 2002.

Selon Sibongile Tshabalala-Madhlala, porte-parole de l’association Treatment Action Campaign, qui apporte un soutien aux personnes atteintes du sida dans 210 communautés en Afrique du Sud, « beaucoup de personnes vont mourir », si le Fonds mondial n’est pas en mesure de récolter assez de dons.

« Nous sentons que nous ne sommes plus importants », dit-elle. « Les leaders du monde entier achètent des armes pour se battre et se tuer les uns les autres, au lieu de sauver des vies. »

La participation du président Macron à la conférence de vendredi n’avait pas été évoquée lors d’un briefing de l’Élysée destiné aux journalistes la semaine dernière. La présidence française n’avait pas répondu aux demandes de commentaires d’Euractiv au moment de la publication de cet article.