La ministre espagnole du Travail propose de contrôler les prix du « panier alimentaire de base »

La ministre espagnole du Travail, Yolanda Díaz, rencontrera les grands distributeurs alimentaires et les organisations de consommateurs pour discuter d’une proposition visant à limiter les prix d’une vingtaine ou d’une trentaine d’articles du « panier alimentaire de base ».

EFE avec EURACTIV.com
La ministre a expliqué que sa proposition ne se traduira pas par une intervention sur les prix. Elle vise néanmoins à limiter les prix afin de mitiger l'impact de l'inflation galopante sur les consommateurs, notant que le taux d'inflation était de 10,4 % en août. [[EPA-EFE/SARAH YENESEL]]

La ministre espagnole du Travail, Yolanda Díaz (Unidas Podemos/GUE/NGL), rencontrera les grands distributeurs alimentaires et les organisations de consommateurs du pays pour discuter d’une proposition visant à limiter les prix d’une vingtaine ou d’une trentaine d’articles du « panier alimentaire de base ».

La ministre a expliqué que sa proposition ne se traduira pas par une intervention sur les prix. Elle vise néanmoins à limiter les prix afin de mitiger l’impact de l’inflation galopante sur les consommateurs, notant que le taux d’inflation était de 10,4 % en août.

Certains prix des denrées alimentaires en Espagne ont augmenté de 800 %, a-t-elle averti.

« Je n’ai jamais parlé d’une intervention sur les prix, mais d’une mesure différente qui relève d’un accord entre les distributeurs et les organisations de consommateurs […] », a-t-elle déclaré, rapporte la chaîne publique espagnole RTVE.

Lundi, elle a rencontré en Espagne des représentants du géant français de l’alimentation Carrefour pour sonder le terrain.

Elle a ajouté que d’autres pays de l’UE, comme la France, ont suggéré ou mis en œuvre des mesures similaires. Elle a déclaré qu’il s’agissait d’un « modèle raisonnable et positif pour tout le monde », a rapporté EFE Agro, partenaire d’EURACTIV.

Mme Díaz a reconnu que le sujet n’avait pas encore été formellement abordé avec les associations d’employeurs et les syndicats et a souligné la nécessité d’embarquer également les producteurs dans le débat. Tous les maillons de la chaîne alimentaire sont concernés, a-t-elle ajouté.

Le ministre de l’Agriculture Luis Planas (PSOE/S&D) a déjà réfuté l’idée et déclaré que d’un point de vue juridique, « ce n’est pas possible » et a ajouté que « ce n’est pas désirable », ont rapporté les médias espagnols.

Les prix des produits alimentaires (de la ferme à la table) en Espagne ont augmenté de 283 % en août, selon des données récentes de l’organisation de producteurs Comité de coordination des organisations d’agriculteurs et d’éleveurs (COAG). Les associations d’agriculteurs que ont l’Union des petits agriculteurs et éleveurs (UPA) et l’Association agraire des jeunes agriculteurs (ASAJA) ont exprimé leur inquiétude quant aux sacrifices que les agriculteurs devront supporter du fait de cette initiative.

Le président de l’ASAJA, Pedro Barato, a vivement critiqué les « caprices et l’égoïsme » de Mme Díaz, qui « mettra en péril les fondements d’un secteur si important que l’agriculture » en Espagne, a-t-il déclaré.

Une telle mesure finira par « punir ceux qui souffrent le plus des prix facturés sur les produits agricoles », c’est-à-dire les agriculteurs, a-t-il ajouté, rapporte EFE Agro.

Le COAG, quant à lui, reconnaît la nécessité de garantir des denrées alimentaires de base à des prix abordables, mais préconise de contrôler « la spéculation qui a lieu tout au long de la chaîne alimentaire ».

Selon le COAG, les agriculteurs sont « le maillon le plus faible de la chaîne » et finiraient par payer la facture d’une initiative telle que le plafonnement du prix des aliments essentiels. L’organisation a en revanche défendu la mise en œuvre de mesures économiques de nature redistributive pour aider les familles en difficulté.