La Moldavie espère résoudre la crise énergétique déclenchée par la Russie grâce aux fonds de l’UE

La Moldavie souhaite utiliser les fonds de l’Union européenne (UE) pour continuer à s’éclairer après les coupures d’électricité et les hausses de prix provoquées par l’arrêt des livraisons de gaz russe à la région séparatiste de la Transnistrie.

/ EURACTIV.com
Joint press conference after ‘Security and Defense Partnership’ agreement between EU and Moldova
Le Premier ministre moldave Dorin Recean s'exprime lors d'une conférence de presse. [Dursun Aydemir/Anadolu via Getty Images]

La Moldavie souhaite utiliser les fonds de l’Union européenne (UE) pour continuer à s’éclairer après les coupures d’électricité et les hausses de prix provoquées par l’arrêt des livraisons de gaz russe à la région séparatiste de la Transnistrie.

Alors que les températures chutent en ce début d’hiver, le pays candidat à l’adhésion à l’UE est confronté à une crise énergétique depuis que Gazprom, l’entreprise gazière russe, a interrompu l’approvisionnement d’une importante centrale électrique le 1er janvier. Bien que la centrale soit située dans la région séparatiste pro-russe de la Transnistrie, elle fournissait environ un tiers de l’électricité de la Moldavie.

Des milliers de foyers de la région sont donc privés d’eau, d’éclairage ou de chauffage, tandis que d’autres risquent de faire face à une forte augmentation des prix de l’énergie.

« Notre objectif, avec l’aide de l’Union européenne, est de subventionner partiellement les factures d’énergie de notre population, mais aussi d’investir dans la production d’énergie, en particulier les énergies renouvelables, et dans l’efficacité énergétique, à la fois pour les bâtiments résidentiels, mais aussi pour les entreprises », a déclaré le Premier ministre de Moldavie, Dorin Recean, lors d’une conférence de presse à huis clos.

Chișinău a expliqué qu’elle subventionnait les factures d’énergie des citoyens moldaves sur la rive droite du Dniestr à hauteur de 20-25 % et que, selon les plans actuels du gouvernement, cela devrait durer pour les trois prochains mois, soit jusqu’en mars.

Parallèlement, des fonctionnaires européens devraient rencontrer leurs homologues moldaves cette semaine pour « faire le point » sur la situation concernant la coupure de l’approvisionnement en gaz, dans le prolongement d’une réunion tenue le mois dernier.

Quelles sont les options ?

L’un des principaux objectifs sera de déterminer l’aide que Bruxelles pourrait apporter à la Moldavie. L’une des options serait un programme d’aide macrofinancière de 1,8 milliard d’euros, un « plan de croissance et d’investissement » pour le pays, approuvé en octobre dernier.

Ce plan prévoit une aide financière et des avantages commerciaux en échange de réformes économiques et d’un alignement sur la législation de l’UE, dans le cadre des négociations d’adhésion du pays.

Vendredi 3 janvier, le Premier ministre Dorin Recean a qualifié l’arrêt des livraisons de « chantage au gaz du Kremlin », et dénoncé la tentative de déstabilisation du pays par la Russie.

Alors que le second tour de l’élection présidentielle en 2024 a opposé un candidat pro-russe et une candidate pro-européenne, et que les autorités moldaves ont signalé des ingérences russes durant le processus électoral, le pays doit maintenant organiser ses élections législatives en 2025.

De son côté, si la région séparatiste de la Transnistrie s’est retrouvée privée de chauffage, de gaz, et d’eau chaude, et doit faire face à des pannes d’électricité à répétition, elle a jusqu’à présent refusé le soutien énergétique ou humanitaire de Chișinău.

« Nous avons proposé notre aide, mais elle a été refusée parce que l’intention de la Russie est de créer artificiellement une crise humanitaire et d’engendrer l’instabilité », a estimé Dorin Recean.

La principale porte-parole de l’UE pour les Affaires étrangères, Anitta Hipper, a déclaré à Bruxelles lundi 6 janvier que l’Union «  encouragerait Tiraspol [la capitale de la Transnistrie] à coopérer avec Chișinău pour faire face à la situation, dans l’intérêt de la population locale ».

La crise énergétique actuelle pourrait finalement conduire à la fin de l’indépendance autoproclamée de la Transnistrie selon le Premier ministre moldave, interrogé sur l’intention de Chișinău d’intensifier les efforts pour convaincre les autorités pro-russes de la région séparatiste de revenir sur leur position.

« Nous essayons d’intégrer [les Transnistriens] dans la structure des services sociaux, dans notre environnement économique, dans notre marché, afin qu’ils puissent exporter des produits vers l’UE et ainsi de suite — tout comme le reste de la Moldavie », a détaillé le Premier ministre moldave.

« Notre objectif est de réintégrer le pays », a-t-il conclu.

[Edité par Alice Bergoënd]